La liste des impacts majeurs de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, en février 2022, s’allonge: la guerre aurait entraîné le déplacement d’environ 36 500 élèves du secondaire en voie d’obtenir leur diplome, soit l’équivalent de 16% des finissants de l’année 2022.
Selon une étude publiée dans Humanities and Social Sciences Communications, le conflit armé aurait également poussé 41 500 autres élèves à abandonner complètement le parcours traditionnel vers des études supérieures.
Les travaux, réalisés par une équipe américano-ukrainienne, démontrent ainsi que le tiers des finissants du secondaire, soit au moins 78 000 élèves, ont donc été directement touchés par l’éclatement de la guerre, en 2022.
« Au meilleur de notre connaissance, aucune information n’est disponible, à propos de l’impact de la guerre sur le déplacement interne et externe des élèves du secondaire », affirme ainsi Julia Stoyanovich, de l’Université de New York, qui fait partie des auteurs de l’étude.
« Notre analayse a des implications importantes pour les organisations gouvernementales et de défense des droits de la personne qui travaillent pour régler cette crise. »
Sur les 36 500 élèves déplacés identifiés, les deux tiers ont quitté le pays, principalement en Pologne, mais aussi en Allemagne, et dans une moindre proportion, en République tchèque.
Le reste est demeuré à l’intérieur des frontières ukrainiennes, en s’éloignant habituellement de la ligne de front, en direction du centre et de l’ouest du pays.
Des régions dévastées et vidées de leur jeunesse
Sans surprise, les régions les plus affectées sont situées le long de la ligne de front, soit les oblasts de Kherson, Donetsk, Louhansk, Kharkiv et Mykolaïv, où de 41 à 100% des élèves étaient inscrits dans leur région d’origine, mais ont passé leurs examens ailleurs, indique l’étude.
Par ailleurs, il existe une importante disparité au sein de ces élèves forcés de fuir les combats: chez ces déplacés, 84% provenaient de zones urbaines, même si les élèves venant de la campagne représentaietn 31% de tous ceux ayant passé les examens.
Ainsi, le groupe le plus affecté était les adolescents de la campagne, qui sont le groupe le moins nombreux à avoir passé les tests.
Et au-delà des personnes déplacées, l’étude a mis au jour une chute de 21% des jeunes ayant suivi l’examen standardisé d’entrée aux études supérieures, en 2022, par rapport à l’année précédente, ce qui équivaut à 41 500 élèves en moins.
Parmi les stratégies visant à contrer cette participation en chute libre, Kyiv a rapidement mis en place un système d’examen numérique, remplaçant du même coup ses tests en format papier. Par ailleurs, pour la toute première fois, les jeunes exilés dans 32 autres pays ont pu, eux aussi, passer l’examen.
Selon les auteurs de l’étude, l’idée de « renverser l’exode des cerveaux – si cela est possible – n’est pas chose facile pour aucun pays ». Ces chercheurs notent également que « le problème en est aussi un de temps: à mesure que la guerre se poursuit, certaines familles s’attachent davantage à leur vie à l’étranger ».
Le temps presse, donc, disent-ils, pour éviter que l’Ukraine ne perde ses futurs travailleurs, ses futurs décideurs, ses futurs citoyens; ceux qui aideront à reconstruire un pays dévasté par les forces russes.
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