Black Legend: brume et mystère

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À cause d’un manque de finition et d’une exécution technique pas toujours au point, Black Legend ne risque pas de convertir les néophytes aux plaisirs des jeux de rôles au tour à tour, malgré toutes les idées intéressantes qu’il apporte à la formule.

Puisant son inspiration dans le folklore de la Belgique et de la Hollande, Black Legend prend place au 17e siècle à Grant, une ville noyée dans un épais brouillard où les habitants se barricadent dans leurs maisons depuis que l’endroit est tombé entre les griffes d’une secte d’adorateurs de Méphisto. Tous les soldats envoyés sur place pour résoudre la situation ont mystérieusement disparu les uns après les autres sans laisser de traces, et en désespoir de cause, le Roi décide de confier à de simples mercenaires la mission de libérer la cité des dangers qui y rôdent, en échange d’une promesse de pardon pour les crimes commis par ces derniers.

À l’image de son histoire, l’outil de création de personnages dans Black Legend est assez sommaire, surtout en comparaison aux nombreuses options offertes par les jeux de rôles modernes. On ne contrôle pas un seul héros à la fois, mais bien un groupe composé de quatre protagonistes. Pas moins de quinze classes sont disponibles, mais le titre emprunte une approche plutôt particulière. En effet, ce n’est qu’en acquérant des armes spécifiques qu’on accède aux différentes classes du jeu. Il faut par exemple mettre la main sur un arc ou une arbalète pour pouvoir devenir tireur d’élite, ou des couteaux pour débloquer la spécialité « rôdeur ».

Image tirée du jeu

Une zone rouge apparaît autour de chaque ennemi croisé sur la carte, et dès qu’on pénètre à l’intérieur, l’escarmouche se déclenche. Avant de passer à l’affrontement, Black Legend nous laisse tout d’abord placer nos personnages. Le positionnement est important, puisqu’un coup asséné de dos ou de côté inflige davantage de dommages qu’un assaut frontal. Les combats s’effectuent au tour par tour, non pas en temps réel, et une barre au haut de l’écran affiche l’ordre dans lequel chaque protagoniste passera à l’action. Les quatre personnages qu’on contrôle disposent d’un nombre limité de points, utilisés pour se déplacer ou à utiliser ses habiletés.

On peut modifier la classe de chacun de nos héros en tout temps. À force d’utiliser la même, on cumule de l’expérience et on monte graduellement de niveau, mais l’évolution est prise en charge par le jeu, et on ne contrôle pas quelles nouvelles habiletés sont débloquées. Le système de combat incorpore également une mécanique basée sur les quatre éléments alchimiques, ce qui permet d’infliger des dégâts beaucoup plus substantiels à l’ennemi. Certains sont cumulatifs, tandis que d’autres annulent les effets précédents. Il est important de comprendre le fonctionnement de cette mécanique alambiquée afin de remporter ses batailles.

Image tirée du jeu

Je comprends que la cité de Grant est noyée dans le brouillard, mais les graphiques de Black Legend sont empreints d’une morne grisaille, et semblent vidés de leurs couleurs. Il n’y a pas de carte pour se retrouver à travers la ville, et il faut consulter les poteaux indicatifs afin de savoir où se diriger pour compléter une mission. À part le port, tous les quartiers se ressemblent et offrent peu de variété. Les combats ont souvent lieu dans des espaces restreints, ce qui complique le placement de ses personnages, et le zoom s’affole souvent quand la caméra bute sur un objet dans l’environnement, se plaçant beaucoup trop près de l’action et nous empêchant d’avoir une vue d’ensemble.

Loin de l’élégance et de la convivialité d’un Xcom, Black Legend propose une expérience vieillotte, autant dans ses graphiques que ses mécaniques, et même si j’apprécie habituellement les jeux de rôle au tour à tour, il est difficile de recommander ce titre.

6/10

Black Legend

Développeur et éditeur : Warcave
Plateformes : PS4, PS5, Switch, Windows, Xbox One, Xbox Series S/X (testé sur Xbox Series X)

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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