Le policier qui a trop de flair

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Encore inconnu de nous jusqu’à présent, Yves Hughes, avec son plus récent opus, nous a apporté un pâle rayon de soleil en cet hiver littéraire. Il n’y a pas de quoi faire fondre nos cœurs avec Pâle copycat, mais certainement de quoi égayer un gentil dimanche après-midi.

Paru dans la Collection noire des Éditions de l’Aube, ce roman fait plutôt dans le gris. Mais pas gris pour grisaille ou pour ennui, mais gris pour nuances. Un peu de Fred Vargas, un peu de Donna Leon, on sent des influences. Mais il ne s’agit pas là d’une pâle copie, plutôt d’un roman policier au texte un peu léger, à la violence contenue, et aux personnages pittoresques.

Sur un ton bon enfant, Hughes énumère d’abord les patronymes des collègues de l’enquêteur, patronymes qui ne sont certes pas choisis au hasard: Brévenart, Lazerschenne ou encore Legonsaur.  Puis, on apprend que Yan Gray, le personnage principal, taille des buissons en forme de pièces du jeu d’échecs. Il apporte à ce passe-temps un soin maniaque qui l’aide à faire passer le stress.

Ce flic pas ordinaire partage sa vie à la verticale avec son amoureuse sans vraiment le faire : ils habitent un au-dessus de l’autre, à la suite de leur premier tête-à-tête qui a été provoqué par un trou dans l’une de deux, têtes. Sont aussi dans le décor le fils de sa douce qui fait de l’escrime et la mamie qui montre à l’escrimeur les grands principes de l’origami.

Tout cela est émaillé d’un humour léger dont le ton est donné dès le début, quand on apprend que presque tous les témoins d’un crime sont des participants à un concours de sosies. Et que je t’interroge deux Johnny Hallyday et trois Elvis Presley.

Ajoutons à cela des ravisseurs amateurs qui, pour ne pas que leurs voix soient éventuellement reconnues par leur otage, se prennent une bouffé d’hélium avant de parler en sa présence Nous avons donc là une enquête en trompe-l’œil dont la conclusion peut surprendre et qui donne envie d’un futur dimanche après-midi tranquille pour feuilleter un prochain polar de M. Hughes.

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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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