Star Wars Battlefront 2: le très bon jeu imparfait

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Il faut bien s’appeler EA – et DICE – pour réussir un tel coup: proposer à la fois un jeu enlevant, bourré d’action, et qui se déroule dans l’un des univers culturels les plus appréciés de tous les temps, tout en offrant un mode solo mal ficelé, trop vite terminé, et qui comporte son lot de bogues. Bienvenue dans Battlefront 2.

Lancé en 2017, en partie pour faire oublier la déception de Battlefront 1, le deuxième jeu de cette série massivement multijoueur mettant en vedette les décors, les personnages, les vaisseaux et les armes de la saga Star Wars, à ne pas confondre avec Battlefront 2, premier du nom et paru en 2005, représentait, à l’époque, les deux seuls jeux basés sur le célèbre univers de science-fiction après l’achat de Lucasfilm par Disney pour la coquette somme de 4 milliards de dollars et des poussières.

En l’essence, l’idée était la même que pour la série originale: proposer une série de modes où les joueurs s’affrontent dans deux camps, tous tirés de différentes époques traitées par la saga, que ce soit sur terre ou dans l’espace. On peut ainsi contrôler non seulement des fantassins, qu’il s’agisse de combattants clones, de robots séparatistes, de stormtroopers impériaux, de soldats rebelles, ou encore de leurs équivalents dans les épisodes 7, 8 et 9, mais aussi piloter divers vaisseaux spatiaux, y compris les plus que célèbres X-Wings et TIE Fighters, ou encore le Faucon millénium.

Jusque-là, tout va bien: on a toujours beaucoup de plaisir à revivre des moments forts de la saga qui compte maintenant neuf films, ou encore de combattre dans des environnements qui évoquent justement ces longs-métrages, sans compter des clins d’oeil à un univers riche à foison. Les décors sont superbes, les graphiques sont tout à fait au point (et ils l’étaient déjà dans Battelfront 1, sorti en 2015), et les sons sont tout à fait fidèles au matériel original.

Scandale des microtransactions mis à part, une sombre affaire où EA a tenté de soutirer encore plus d’argent aux joueurs en rendant les divers héros des films difficiles à débloquer, à moins de payer en écus sonnants et trébuchants, en plus de vendre des boîtes contenant de potentiels avantages, à l’image d’une véritable loterie, les mécaniques de jeu de Battlefront 2 sont simples: après tout, EA, vertement critiquée de toutes parts, menacée de poursuite devant les tribunaux de plusieurs pays, notamment pour avoir proposé des « jeux à l’argent » aux enfants, a fait disparaître toutes les microtransactions de son site, ne conservant que des crédits que l’on accumule en jouant, tout simplement. Reste les combats, qui sont généralement séparés en des assauts terrestres où l’on abat les unités adverses à l’aide de diverses armes, et les les assauts spatiaux, où l’on abat les vaisseaux adverses à l’aide de diverses armes.

Bon, bien sûr, c’est un peu plus compliqué que cela, avec plusieurs objectifs à atteindre, des événements spéciaux auxquels il faut réagir, etc. La chose est bien pensée, même si la rotation relativement rapide des cartes permettra de se faire rapidement une idée de ce qu’il faut accomplir. L’intérêt se trouve aussi du côté d’une certaine répétition, après tout, et les joueurs auront rapidement leur carte ou leur mode favori.

Les puristes déploreront l’absence de tel ou tel vaisseau, de telle ou telle bataille spécifique, ou encore de l’impossibilité de jouer une véritable campagne en solo, à l’image de la version de 2005, où le joueur partait à la conquête de l’ensemble de la galaxie en multipliant les affrontements au sol ou en orbite.

Cela étant dit, il est facile de lancer le jeu, de plonger dans un affrontement stellaire entre nuées de TIE Fighters et escadrons de chasseurs X-Wings, puis de quitter le tout après une vingtaine de minutes, en étant rassasié. En raison d’une offre gratuite par Epic sur sa plateforme, notamment, les serveurs de Battlefront 2 sont bien garnis.

Campagne décevante

Le côté le plus oubliable de Battlefront 2, c’est sans aucun doute sa campagne solo: le joueur y contrôle Iden Versio, la commandante d’Inferno Squad, une escadre d’élite de l’Empire qui sera poussée à l’éclatement à la suite de la destruction de la deuxième Étoile noire et par la folie qui animera ensuite ce qui reste des forces impériales.

On aurait là des bases intéressantes pour développer un personnage tout en nuances, qui prend peu à peu conscience de l’horreur de l’occupation impériale, et qui tente de persuader son père, un amiral influent, de renoncer à sa carrière d’officier pour passer du côté de la Rébellion.

On a plutôt droit à une série de missions peu ou pas reliées entre elles, expédiées rapidement, où le développement des personnages passe au second plan, et où notre héroïne passe si vite du côté des Rebelles qu’on pourrait penser qu’elle n’a jamais vraiment été du côté de l’Empire.

Pire encore, on nous impose une série de missions mettant en vedette des héros connus de l’univers Star Wars, comme Luke Skywalker et Han Solo, plutôt que de poursuivre les aventures d’Iden Versio. Pratique pour nous faire connaître les contrôles et les habiletés des personnages que l’on pourra incarner en mode multijoueur, mais d’une complète inutilité pour l’histoire.

Et ne parlons pas des bogues, des personnages qui se déplacent de façon saccadée, ou encore des pics de difficulté. Non, vraiment, Battlefront 2 est un très bon jeu multijoueur, mais il ne faut pas chercher plus loin qu’une bonne dose de plaisir style arcade. Le vrai jeu solo Star Wars attendra. Ou sinon, il faudra recommencer à jouer à TIE Fighter

Battlefront 2

Développeur: DICE

Éditeur: EA

Plateformes: Windows, PlayStation 4, Xbox One (testé sur Windows / Origin)

Jeu disponible en français

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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