Malgré Biden, un système politique américain « brisé »?

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Il faudra plus que le retour d’un démocrate à la Maison-Blanche pour convaincre les Européens que le système politique américain n’est pas en lambeaux. Selon une note d’information publiée par le Conseil européen pour les relations étrangères (ECFR), la perception des États-Unis par les habitants du Vieux Continent a profondément changé ces dernières années, et certainement pas pour le mieux.

Selon les résultats obtenus lors d’un sondage effectué dans 11 pays européens, 53% des participants estiment que la victoire de Joe Biden lors de l’élection présidentielle du 3 novembre dernier aura un impact positif dans leur pays, et 57% jugent que l’impact sera aussi favorable pour l’ensemble de l’Union européenne. Même en Hongrie et en Pologne, dont les populations sont parmi les plus pro-Trump d’Europe, davantage de répondants estiment que la défaite de l’homme d’affaires est positive pour leur nation, plutôt que l’inverse.

Les Européens demeurent cependant mesurés dans leur enthousiasme. À peine 17% d’entre eux croient ainsi que l’administration Biden entraînera une « différence importante et positive » pour le continent. Lorsque l’on évoque plutôt leur pays ou leur famille, la proportion de ces répondants chute à 11%, puis à 3% seulement.

Pire encore, seulement 42% des personnes interrogées estiment que « les Américains font les bons choix pour leur pays, lors de leurs élections », contrairement à 31% qui ne penchent ni d’un côté, ni de l’autre, et 19% qui estiment qu’ils prennent plutôt les mauvaises décisions.

Pourtant, 46% des participants au sondage croient que « les États-Unis étaient engagés dans la mauvaise voie en élisant Donald Trump, et ont rectifié le tir en choisissant Joe Biden ».

Quelque 54% des sondés affirment aussi que « la planète est en plus mauvaise posture en raison de la présidence Trump ».

Si les Européens semblent donc pencher du côté des démocrates et de l’administration Biden, l’incertitude quant à la capacité des Américains de faire « le bon choix » lorsqu’ils se trouvent dans l’isoloir laisse sous-entendre que les habitants du Vieux Continent estiment que les électeurs des États-Unis n’ont pas nécessairement leurs propres intérêts à coeur, ou, pire encore, que ces intérêts pourraient être contraires à ceux de l’Europe ou du reste de la planète.

De fait, à peine 27% des sondés européens jugent qu’il est faux de dire « qu’après avoir voté pour Trump en 2016, il n’est pas possible de faire confiance aux Américains », contre 32% des personnes interrogées qui estiment que c’est bel et bien le cas.

Parmi les 11 pays retenus pour ce grand coup de sonde, la méfiance envers les électeurs américains est la plus forte en Allemagne, où 53% des répondants pensent que ceux-ci sont indignes de confiance. Le taux passe à 35% au Royaume-Uni, pourtant « le meilleur allié » des États-Unis en Europe, et à 24% en France.

Un système « brisé »

La conclusion est sans appel: 61% des répondants au sondage affirment que le système politique américain est « brisé », en tout ou en partie. Les sondés britanniques mènent la charge, 81% d’entre eux abondant en ce sens, et 39% affirment que le système est « complètement brisé ».

Comme on peut le lire dans la note d’information, « la perception de la plupart des Européens est que le système politique américain est brisé, et ils doutent de la possibilité que l’Amérique revienne à sa position de leadership mondial de la façon qui a été promise par Joe Biden lorsqu’il a affirmé que « les États-Unis sont de retour » ».

Ainsi, 49% des personnes interrogées sont d’avis que « les États-Unis ont davantage de chances de réparer leurs problèmes et divisions internes, en plus d’investir pour tenter les problèmes mondiaux comme les changements climatiques, la paix au Moyen-Orient, les relations avec la Chine et la sécurité en Europe », une proportion relativement faible.

Enfin, 6 répondants sur 10 croient que la Chine deviendra plus puissante que les États-Unis au cours des 10 prochaines années.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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