Des cartes postales d’il y a 10 000 ans

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Se pourrait-il que la dernière trace d’animaux disparus du continent américain il y a 10 000 ans soit sous la forme de peintures sur des falaises, produites par les humains de l’époque?

C’est ce qu’affirment les archéologues qui ont présenté leur découverte, dans le cadre d’une série documentaire sur les mystères de l’Amazonie présentée ce mois-ci par la chaîne de télé britannique Channel 4. Les falaises en question, qui seraient étalées sur des kilomètres, se trouvent dans un coin difficile d’accès de la jungle amazonienne, dans le Sud de la Colombie. Les images dévoilées par Channel 4 montrent des milliers de dessins sur la pierre, incluant des figures géométriques, des mains et des animaux familiers, de l’alligator à la tortue en passant par le porc-épic. Mais les dessins qui ont le plus retenu l’attention sont ceux qui paraissent représenter ce qu’on appelle la « mégafaune », des animaux de grande taille aujourd’hui disparus:  le grand paresseux terrestre, le paléolama et le mastodonte, ce cousin américain de l’éléphant.

Le conditionnel est toutefois de rigueur parce que la région est difficile d’accès et qu’aucune forme de datation formelle des dessins n’a été présentée par l’équipe d’archéologues colombiens et britanniques. Toutes ces bêtes sont disparues, pour autant qu’on sache, il y a 10 000 ans, ce qui placerait en théorie ces dessins dans une période se situant entre 10 et 13 000 ans.

D’autres artefacts ont toutefois été datés à proximité de la falaise et semblent confirmer une présence humaine dans la région il y a 12 000 ans: des os d’animaux qui, rapporte le New Scientist, ont été travaillés pour servir d’outils. Cette partie de la découverte — qui remonte à 2017 — avait, elle, fait l’objet d’un article scientifique paru en avril dernier dans la revue Quaternary International.

La même couche de sol où ont été retrouvés ces os contient aussi des fragments d’ocre, l’argile qui pourrait avoir été utilisée pour les dessins. Il y avait par ailleurs surtout des os de poissons, ce qui suggère que l’alimentation normale de ces hommes et femmes était plus prosaïque que celle dont ils rêvaient dans leurs dessins.

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Agence Science-Presse

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