Pour sauver la planète, changeons notre alimentation, plaident des chercheurs

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Nouveau pavé dans la mare dans la lutte contre les changements climatiques: si l’utilisation de combustibles fossiles pour produire de l’énergie et permettre à nos véhicules de circuler est considérée comme la principale source de gaz à effet de serre, et donc des changements climatiques, une nouvelle étude rappelle que le système agricole doit lui aussi être transformé de fond en comble pour espérer limiter les dégâts environnementaux à venir.

Les travaux en question, récemment publiés dans Science par une équipe internationale dirigée par des scientifiques de l’Université d’Oxford, avance donc que les objectifs climatiques de l’Accord de Paris, qui sont de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré, ou, dans le pire des scénarios, à 2 degrés.

Il faut donc « changer radicalement » la façon dont l’humanité produit sa nourriture, la quantité d’aliments qui sont gaspillés, le volume de nourriture consommé, et nos sources d’alimentation, écrivent les chercheurs, si nous voulons espérer atteindre ces cibles internationales d’ici la fin du siècle.

En ne modifiant pas les tendances actuelles, et en ne réformant donc pas nos systèmes agricoles et alimentaires, ce secteur, à lui-même, pousserait l’humanité à dépasser sa cible de 1,5 degré d’ici de 30 à 45 ans, ont constaté les chercheurs. Quant à la cible de 2 degrés, elle serait franchie d’ici 90 ans, « même si toutes les autres sources de gaz à effet de serre étaient stoppées immédiatement ».

« Les discussions sur la mitigation des changements climatiques portent généralement sur la réduction des émissions liées à la consommation de combustibles fossiles », écrit le principal auteur de l’étude, le Dr Michael Clark, de l’Oxford Martin School.

« Cependant, notre étude se concentre sur l’importance de réduire les émissions du système alimentaire mondial. »

Toujours selon M. Clark, il y a cependant un bon côté à ces nouvelles constatations: « Il existe plusieurs façons faisables de réduire les émissions alimentaires si nous agissons rapidement. Cela comprend l’accroissement de la productivité des sols et la réduction du gaspillage alimentaire, mais le changement le plus important, pour les individus, serait de passer à une alimentation majoritairement végétale. »

Voilà donc l’un des principaux points d’assise de ces travaux: largement laisser de côté les régimes alimentaires riches en viande, qui sont particulièrement populaires, en plus de représenter l’atteinte d’un certain statut socio-économique.

Pourtant, l’élevage animal nécessaire à la production de viande est excessivement polluant: non seulement ces animaux consomment de grandes quantités de plantes, qui nécessitent elles-mêmes de l’eau et d’autres ressources limitées pour en assurer la production, mais ils dégagent aussi du méthane, surtout du côté du bétail, en plus d’être susceptibles de développer des maladies qui peuvent ultimement se transmettre à l’humain et s’avérer dangereuses, voire mortelles, comme la maladie de la vache folle.

« Il faudra assurément des efforts coordonnés entre divers secteurs agricoles et entre des gouvernements nationaux », ajoutent encore les chercheurs.

« Cependant, précisent-ils, ces changements devraient avoir des avantages supplémentaires, comme la réduction de la pollution et de la rareté de l’eau, l’accroissement de la biodiversité, ainsi que la réduction des taux de maladies liées à l’alimentation comme l’obésité, le diabète et les maladies cardiaques. »

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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