Retour en Faelie, avec Kingdoms of Amalur: Re-Reckoning

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Originalement paru en 2012, Kingdoms of Amalur: Reckoning est un excellent jeu de rôle qui n’a pas reçu toute la reconnaissance qu’il méritait lors de sa sortie, mais grâce à la version remasterisée, ce RPG a enfin droit à une seconde chance.

Il était une fois un lanceur de baseball, Curt Schilling, qui aimait beaucoup les jeux de rôles. Tellement qu’au moment de sa retraite, il décida d’investir sa fortune personnelle pour réaliser le RPG de ses rêves. Il fonda sa propre compagnie et s’entoura des meilleurs pour donner vie au projet. L’univers et l’histoire se virent confiés à R.A. Salvatore, un populaire auteur de romans de fantasy. Todd McFarlane, le créateur de la bande dessinée Spawn, fut chargé de la facture visuelle, et Ken Rolston, réputé pour son travail sur la franchise Elder Scrolls, en devint le directeur exécutif. Le résultat se nommait Kingdoms of Amalur: Reckoning, et malgré son impressionnant pédigrée, le titre ne connût pas le succès escompté, et le développeur, 38 Studios, fît faillite.

J’ignore pourquoi Kingdoms of Amalur n’a pas eu la reconnaissance qu’il méritait, ni pour quelles raisons les critiques à son égard étaient aussi mitigées à l’époque. Il s’agit pourtant d’un excellent RPG, dans lequel j’ai englouti des dizaines et des dizaines d’heures au moment de sa sortie en 2012. Avec les années, le titre a fini par obtenir un statut culte auprès des joueurs, mais il était malheureusement trop tard pour la compagnie de Curt Schilling. Au moins, grâce au rachat par THQ Nordic, la franchise n’est pas entièrement morte, et ceux et celles qui n’ont pas eu la chance de connaître le jeu peuvent maintenant se rattraper avec Re-Reckoning, une version remasterisée incluant tous les DLC, ainsi que les armures exclusives associées aux précommandes, dont celle du Commandant Shepard de Mass Effect.

Image tirée du jeu

Le jeu prend place en Faelie, au beau milieu d’un conflit meurtrier, surnommé la « Guerre de Cristal », opposant les Faes de la Cour d’Été à ceux de la Cour d’Hiver. L’aventure du héros que l’on incarne débute étonnamment le jour de sa mort. Ressuscité dans le Puits des Âmes par le professeur Hugues Lefomorien, ce dernier se réveille enseveli sous une pile de cadavres, sans aucun souvenir de son passé. Rapidement par contre, une chose devient claire : cet être revenu de l’outre-tombe se trouve maintenant en dehors de toute forme de prédestination. Il peut donc façonner sa propre histoire, et modifier le destin des autres personnes qu’il rencontre sur sa route par ses actions.

Kingdoms of Amalur: Re-Reckoning propose un vaste monde à explorer, et une expérience substantielle d’une bonne centaine d’heures. Quêtes principales et secondaires, missions données par différentes factions, tâches à accomplir, on dirait que tous les personnages à qui l’on adresse la parole sollicitent notre aide. En partant, on peut choisir le sexe du héros que l’on incarnera, mais aussi sa race, parmi les quatre disponibles. Chacune offre des compétences de base différentes. Les Almains se voient décernés des bonus d’alchimie, d’armurerie et de persuasion, tandis que les Varanis possèdent une prédisposition pour l’observation, le crochetage et le marchandage. Des options de personnalisation cosmétiques sont également disponibles.

Tout en s’inspirant des classiques du genre et en incorporant la plupart des mécaniques qu’on retrouve habituellement dans un jeu de rôle, Kingdoms of Amalur: Re-Reckoning fait tout de même certaines choses différemment. Il n’y a pas de système de classes en tant que tel par exemple, et les habiletés des voleurs, des magiciens, des archers ou des guerriers sont toutes accessibles simultanément au joueur. Il doit s’agir d’un des rares RPG qui permet ainsi de créer un Paladin doué pour l’approche furtive, ou un sorcier maniant aussi bien l’arc et les flèches que les sorts magiques.

Image tirée du jeu

On reproche parfois à certains jeux de rôles de ne pas offrir de combats très satisfaisants, mais ce n’est certainement pas le cas de Kingdoms of Amalur: Re-Reckoning. Avec la possibilité d’emprunter l’approche furtive et de s’en prendre sournoisement à ses adversaires, de bloquer les assauts à l’aide de son bouclier ou d’effectuer une roulade pour les esquiver (sans oublier les attaques à distance ou les sorts magiques), chaque affrontement est viscéral, et le jeu ne manque pas d’action. Les ennemis tués remplissent peu à peu notre jauge de destin, ce qui active le mode « Jugement » et déclenche une charge surpuissante accordant encore plus de points d’expérience.

À chaque gain de niveau, on obtient trois points de compétences, qu’on peut investir dans trois catégories distinctes soit la force, la finesse ou la sorcellerie, et les arbres de compétences de chacune de ces spécialisations sont agréablement complexes. On débloque aussi des destinées sous la forme de cartes, qui accordent des bonis. La destinée « Acolyte » attribue 25% de dégâts élémentaires et diminue de 10% le coût de mana lorsqu’on utilise la magie, tandis que la destinée « Bagarreur » donne 15% de dégâts supplémentaires lors d’attaques de mêlée, et 20% de plus en efficacité de blocage. On ne peut choisir qu’une seule carte à la fois, et celles-ci contiennent plusieurs paliers, de plus en plus puissants.

Comme dans tout bon RPG, le butin abonde, et plutôt que d’être restreint par le poids, l’inventaire est limité par la quantité d’objets que l’on transporte. Les armes et armures subissent de l’usure dans Kingdoms of Amalur: Re-Reckoning, et il suffit d’utiliser une trousse de réparation ou de visiter un forgeron pour les remettre en état. Investir dans le talent d’armurier permet de fabriquer ses propres pièces d’équipement, et il est possible de sertir nos items de pierres et de gemmes, leur donnant ainsi des propriétés supplémentaires. Les plantes et ingrédients récoltés servent à la création de potions, et si l’on ne dispose pas de recettes précises, on peut expérimenter en mélangeant divers réactifs.

Image tirée du jeu

Les modèles 3D dans les cinématiques de Kingdoms of Amalur: Re-Reckoning trahissent leur âge, avec des personnages aux traits grossiers et à la chevelure en pain ressemblant davantage à un casque capillaire qu’à des cheveux, mais le jeu en tant que tel a visiblement été bonifié par rapport à version originale, avec des textures en haute définition et une résolution s’affichant maintenant en 1080p. Les couleurs sont d’une grande vivacité, et les environnements vibrants. On apprécie par exemple les plantes lumineuses poussant à notre approche dans les grottes obscures, et les effets volumétriques de foudre, de feu ou de glace sont très réussis. On assiste parfois à une diminution du nombre d’images par seconde à l’écran ou de mauvais placements de caméras, mais ces problèmes sont assez rares pour ne pas porter ombrage à l’expérience.

S’il y a un jeu qui méritait une version remasterisée, c’est bien Kingdoms of Amalur, dont l’expérience est aussi agréable aujourd’hui qu’en 2012. Que vous ayez déjà terminé ce jeu ou qu’il s’agisse de votre premier contact, l’édition Re-Reckoning permet de (re)découvrir un grand RPG qui figure parmi les classiques du genre, aux côtés d’Oblivion, Dragon Age, ou Mass Effect.

8.5/10

Kingdoms of Amalur: Re-Reckoning

Développeur : 38 Studios, Big Huge Games, Kaiko

Éditeur : THQ Nordic

Plateformes : PS4, Windows et Xbox One (testé sur Xbox One)

Jeu disponible en français (textes à l’écran et voix parlées)


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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