75 ans après la création de l’ONU, la coopération internationale toujours au goût du jour

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Trois quarts de siècle après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, et la création, quelques mois après la reddition du Japon, de l’Organisation des Nations unies, l’idée de la coopération internationale est toujours d’actualité, révèle un grand sondage du Pew Research Center. Cette idée de collaboration entre les pays est même associée à un bilan moins lourd de la pandémie de COVID-19.

Le coup de sonde, effectué auprès d’un peu plus de 14 000 répondants provenant de 14 pays industrialisés (Australie, Belgique, Canada, Danemark, France, Allemagne, Italie, Japon, Pays-Bas, Corée du Sud, Espagne, Suède, Royaume-Uni et États-Unis), indique également un important appui à l’idée de tenir compte des intérêts des autres nations, même si cela nécessite de faire des compromis. Ces résultats, écrit le Pew Research Center, sont similaires à ceux obtenus lors d’un sondage équivalent effectué avant la pandémie dans 12 des 14 pays concernés.

À travers cette perspective, les Nations unies suscitent toujours une majorité d’opinions favorables, et plus spécialement chez les jeunes et ceux ayant obtenu un diplôme universitaire. L’institution internationale est ainsi créditée pour avoir accompli sa mission principale, c’est-à-dire faire la promotion de la paix et des droits de la personne. Et une bonne partie des répondants estiment aussi que l’ONU « fait un bon travail » en matière de développement économique, de lutte contre les maladies infectieuses et de mobilisation contre les changements climatiques.

Là où le bât blesse, cependant, est plutôt du côté de la notion de « faire progresser les intérêts de pays similaires »; pour cette option du sondage, à peine moins de 60% des répondants des pays industrialisés se disent en accord avec cette perspective. Et le taux de réponses positives continue de chuter pour les deux autres affirmations, soit « les Nations unies ont à coeur les problèmes des gens ordinaires » (53%) et « l’ONU règle efficacement les problèmes internationaux » (51%).

De fait, souligne le Pew Research Center, cette vision des organisations internationales comme étant des « machines » parfois peu aptes à résoudre des problèmes de tous les jours se dégage aussi lorsque les populations de divers pays sont questionnées à propos de l’OTAN, par exemple, ou à propos de l’Union européenne.

À l’opposé, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), au coeur des démarches de lutte contre la COVID-19, et sous le feu des projecteurs, dans certaines circonstances, pour sa gestion de la pandémie, justement, est jugée comme étant efficace par 63% des répondants, principalement les jeunes adultes ayant participé au sondage.

L’ONU bien vue aux États-Unis

Le président américain Donald Trump a beau tempêter contre les institutions internationales – il a notamment annoncé la fin du financement de l’OMS par l’administration américaine et fait imposer des sanctions contre la Cour pénale internationale –, ses concitoyens, eux, ont une vision non seulement favorable des Nations unies, celle-ci est demeurée relativement stable depuis une quinzaine d’années.

Ainsi, 62% des répondants ont dit avoir une opinion positive de l’organisation internationale, comparativement à 31% disant plutôt avoir une vision négative. Comme dans beaucoup d’autres domaines évalués par le Pew Research Center, démocrates et républicains ne s’entendent pas sur cette question, les premiers ayant une vision plus positive de l’ONU que les seconds.

À travers le monde, en fait, les partisans de formations de droite sont davantage opposés aux organisations internationales, comparativement aux tenants des partis plus à gauche.

Au Canada, c’est 68% des répondants qui soutiennent les Nations unies, alors que 27% ont plutôt une vision négative de l’institution internationale.

La palme de l’approbation de l’ONU revient au Danemark, avec 80% d’opinions positives, contre 17% d’opinions négatives.

À l’opposé, seuls 29% des Japonais partagent la même opinion, contre 55% qui s’y opposent.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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