La petite croisière en enfer de Dread Nautical

0

Derrière ses visuels stylisés, proches du dessin animé, Dread Nautical cache un jeu aussi complexe que redoutable, qui incorpore des éléments de « rogue-like » à une expérience de RPG stratégique dans la lignée de Xcom.

On a pu constater dernièrement que les croisières peuvent être assez risquées en temps de pandémie, mais c’est une menace d’un tout autre ordre qui guette les vacanciers du paquebot Hope qui, durant sa traversée de l’Atlantique, s’est vu transporté dans une dimension parallèle, et maléfique. Bien que le navire se trouve au beau milieu de l’océan et qu’aucun canot de sauvetage ne semble manquer à l’appel, la plupart des passagers et des membres d’équipage ont mystérieusement disparu, et des créatures de cauchemar hantent les corridors à leur place. Comptant parmi les rares survivants, il revient donc au joueur de se frayer un chemin à travers le bateau, et d’essayer de le ramener, ainsi que les autres plaisanciers, à bon port.

Dread Nautical nous demande tout d’abord de choisir notre héros parmi les quatre personnages disponibles (la star de la scène Miraje, l’ancien Yakuza Hatano Kenichi, l’adepte de jeux vidéo Vi Nussbaum ou le détective Fargo Drexler). Chacun possède des habiletés distinctes, convenant aux différents styles de jeu. On explore ensuite le navire de fond en comble, dans le but de récolter diverses ressources et de trouver d’autres rescapés, et pour clore chaque journée, il faut réussir à se rendre jusqu’à la cabine de pilotage afin d’actionner la sirène antibrouillard du paquebot. Dès que la sirène se fait entendre, on se réveille dans notre base de fortune, et le cycle recommence pour une autre journée, comme dans un Groundhog Day infernal.

Image tirée du jeu

Notre personnage se déplace librement dans Dread Nautical, mais dès qu’on entre en contact avec un ou plusieurs ennemis, le jeu bascule en mode « combat ». Le sol du paquebot se divise alors en tuiles, et on ne dispose que d’un nombre très limité de points d’action, qui servent autant à se déplacer, à consommer des items (comme des pansements régénérant sa barre de vie), ou à se défendre contre les monstres lovecraftiens barrant notre route. Puisque chaque arme nécessite un certain nombre de points d’action, la stratégie s’avère cruciale pour réussir ses attaques. Lorsque tous nos points sont épuisés, c’est au tour de l’adversaire de passer à l’offensive, dans une approche qui rappelle beaucoup celle du jeu Xcom.

Heureusement, Dread Nautical compte aussi son lot de mécaniques originales, qui le distinguent des autres titres du genre. Les armes que l’on acquiert s’usent et deviennent peu à peu inutilisables, mais à partir des matières premières accumulées, on peut non seulement les réparer, mais aussi les améliorer. On doit construire des lits de camps supplémentaires dans notre base de fortune si l’on souhaite que les survivants rencontrés se joignent à nous, et en fabriquant une table d’entraînement occulte, il est possible de bonifier différents aspects des membres de son équipe (nombre de points de vie ou d’action, puissance des attaques rapprochées ou à distance, capacité de l’inventaire, etc.).

Image tirée du jeu

Quand on croise un autre survivant, les dialogues offrent plusieurs choix, et dépendamment de nos réponses, on augmente ou on diminue la disposition des autres rescapés à notre égard. Une fois qu’on a acquis leur pleine confiance (ce qui prend un certain temps), ils acceptent alors de se joindre à notre équipe si on dispose d’assez de lits de camp pour les accueillir, et on peut alors contrôler leurs actions sur le terrain. Des éléments de « rogue-like » sont incorporés à l’expérience, et à moins de jouer au niveau de difficulté le plus bas, leur mort est permanente. En fonction de la quantité de nourriture récoltée, on choisit, au début de chaque journée, qui mangera, et qui restera sur sa faim.

Les modèles 3D dans Dread Nautical sont assez grossiers et anguleux, mais la direction artistique donne toutefois une belle personnalité aux visuels, qui revêtent l’aspect naïf et coloré d’un dessin animé. Puisque la majorité du jeu est présentée dans une vue isométrique assez éloignée de l’action, on ne remarque toutefois pas l’aspect primitif des graphismes, sauf peut-être lors des coups mortels, alors que la caméra bascule dans une vue à la troisième personne afin de mieux montrer comment notre héros achève le monstre qu’il affronte. En plus d’offrir un contraste intéressant avec son univers infernal, cette simplicité permet d’offrir une expérience totalement fluide, qui ne connaît ni ralentissements, ni bogues majeurs.

Se faire mener en bateau comporte habituellement une connotation négative, sauf peut-être dans le cas de Dread Nautical, un jeu dont la croisière, loin d’être de tout repos, donnera beaucoup de plaisir à ceux qui savent apprécier les RPG stratégiques, et les combats au tour à tour.

7/10

Dread Nautical

Développeur : Zen Studios

Éditeur : Zen Studios

Plateformes : PS4, Switch, Windows et Xbox One (testé sur Xbox One)

Encouragez-nous sur Patreon!


Autres contenus:

Journey to the Savage Planet, ou quand l’évasion interstellaire vit son heure de gloire

Partagez

À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

Répondre