Journey to the Savage Planet, ou quand l’évasion interstellaire vit son heure de gloire

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C’était il y a quelques mois seulement, mais on a bien sûr l’impression que cela fait une éternité: vers la fin janvier, l’entreprise québécoise Typhoon Studios lançait Journey to the Savage Planet, un jeu d’exploration et d’aventure qui, en pleine pandémie, représente une échappatoire plus que bienvenu pour les joueurs. 

Au bout du fil, Yannick Simard, directeur technique au sein du studio, vit une double période de transition. Comme une bonne partie de la planète, d’abord, il a été affecté par les demandes de mise en confinement. Mais la pandémie survient aussi au moment où Typhoon Studios, racheté en décembre dernier par Google, sera progressivement intégré à la division Stadia du géant de la technologie. Malgré tout, dit-il, les joueurs sont au rendez-vous, et la réaction est positive.

« On a beaucoup de témoignages d’amour du public, beaucoup de courriels pour nous dire à quel point ils avaient apprécié… Je pense que c’est aussi une sorte de jeu qui n’est peut-être pas très exploité présentement par l’industrie », mentionne M. Simard, qui estime qu’il existe « une niche pour ce genre de jeux… Des jeux qui respectent le temps du joueur, qui ne demandent pas des centaines d’heures pour passer à travers, qui vont explorer certaines facettes, notamment l’exploration, sans nécessairement aller dans l’ultraviolence ».

Toujours au dire de M. Simard, Journey to the Savage Planet permet aussi « d’embrasser notre côté indie à toutes les sauces », c’est-à-dire que « les gens n’ont pas mis la barre extrêmement haute pour que l’on fasse un jeu à l’image de ce que pourrait accomplir une équipe de 300 personnes, alors que nous sommes 25 ».

« Je pense que cela a touché une corde sensible, et je pense aussi que l’adaptation québécoise a été très bien reçue », a-t-il ajouté.

Typhoon Studios a beau être un petit studio, l’équipe compte quelques vétérans en ses rangs, ce qui a permis de donner un coup de pouce pour obtenir de la visibilité. « Je me suis un peu improvisé (responsable) des relations publiques francophones lors du lancement, parce que nos fondateurs sont anglophones, et c’était donc un peu plus compliqué pour eux de participer activement de leur côté. J’ai envoyé des messages à droite et à gauche… Notre partenaire Pixel Audio a aussi utilisé ses propres contacts pour avoir de la couverture médiatique. Mais ça nous a quand même agréablement surpris de voir comment il y a eu un engouement certain pour le jeu. »

Un jeu en québécois

L’un des aspects de Journey to the Savage Planet qui a particulièrement bien marché auprès des joueurs est, de façon quelque peu surprenante, son doublage en français québécois par des acteurs de chez nous. Katherine Levac, Guillaume Lambert et Emmanuel Bilodeau font ainsi partie de la distribution des gens ayant prêté leur voix pour faire « parler » les personnages. Et depuis quelques jours, le comédien Patrick Groulx s’est ajouté au groupe, dans le cadre du nouveau contenu téléchargeable Hot Garbage.

Selon Yannick Simard, le fait d’avoir une distribution québécoise, plutôt que de se tourner vers un français plus « international », a justement eu l’heur de plaire non seulement aux joueurs d’ici, mais aussi à ceux qui se trouvent dans l’Hexagone, et ailleurs dans la francophonie.

« Cela a été rapide pour que nous nous rendions collectivement compte que nous voulions aller vers l’accent québécois dans notre jeu. C’était en partie un cadeau que nous nous offrions à nous-mêmes, parce que lorsque l’on développe des jeux dans les grandes boîtes, le concept de faire la localisation, la traduction, est souvent géré par une équipe séparée. Les créateurs comme tels ne sont souvent pas très impliqués dans l’adaptation. Alors que lorsque nous sommes indie, chacun porte plusieurs chapeaux en même temps. »

L’équipe de Typhoon Studios est d’ailleurs majoritairement québécoise et francophone, et M. Simard évoque également des questions d’identité pour expliquer la décision d’aller de l’avant avec un doublage effectué ici.

« En même temps, c’est une façon de se différencier du reste du marché; on est parmi les très rares jeux, ces dernières années, qui ont fait une adaptation en québécois. »

Journey to the Savage Planet a donc le vent dans les voiles, que ce soit dans la langue de Miron ou dans celle de Shakespeare. Obligations professionnelles obligent, toutefois, Yannick Simard ne peut pas indiquer si d’éventuelles futures expansions ou suites du titre seront des exclusivités de Stadia, la plateforme de jeu à distance mise en marché par Google. En attendant d’en avoir le coeur net, il y a encore tout un monde à découvrir, que ce soit sur console, ou sur PC.

Journey to the Savage Planet

Développeur: Typhoon Studios

Éditeur: 505 Games

Plateformes: PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch, Windows

Jeu disponible en français


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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