Musique – Un Schubert un peu mièvre

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Il y a quelques jours à peine, la maison Analekta publiait le 2e volume de l’intégrale des sonates et œuvres majeures pour piano de Schubert, par le pianiste Mathieu Gaudet, sous le titre Schubert – Dernières inspirations. Ce deuxième volume comprend la Sonate no. 3 en mi majeur, D. 459,  Ungarishe Melodie, D. 817 et Drei Klavierstücke, D. 946 et porte le numéro de catalogue An 29182.

Gaudet n’est certes pas le plus connu des pianistes québécois, mais qui sait quelle notoriété il aurait pu atteindre s’il n’avait pas mené en même temps une carrière de pianiste et d’urgentologue à temps plein. Il est cependant assez actif sur la scène musicale montréalaise.

Pour une des rares fois, je n’ai pas que du bien à dire de la maison Analekta au sujet de la qualité de l’enregistrement. Le son manque de netteté et semble assourdi, comme si lors d’un récital on avait omis de lever le couvercle du piano à queue. Ce qui fâche un peu tout au long de l’écoute et qui nous donne une musique manquant un peu d’expression.

D’emblée, la Sonate no. 3 apparaît bien romantique, mais pourquoi ne pas y aller avec un peu plus de couleur ? Comme si le grand Franz ne flirtait pas, à l’occasion, avec la frivolité d’un Mozart ou l’intensité d’un Beethoven. En comparaison, un enregistrement d’Andras Schiff de 2009 nous apporte beaucoup plus de nuances.

Quant à la Ungarische Melodie, les notes sont un peu trop martelées à la main droite et le tout semble un peu répétitif alors que le rythme semble prendre le dessus sur la mélodie. Malgré cela, l’interprète arrive à bien nous faire sentir le côté folklorique de l’œuvre.

En ce qui concerne les Drei Klavierstücke (Trois pièces pour piano), ce n’est qu’à partir de la 7e minute de la première pièce qu’on sent enfin la fougue qui devrait sous-tendre l’œuvre. En comparaison, pensons à un Alfred Brendel qui attaque d’emblée l’œuvre avec une intensité assumée et des ritardandi qui enrichissent l’écoute.

En résumé, M. Gaudet ne déshonore certes pas M. Schubert, mais on ne retiendra rien d’original ni rien de bien personnel dans son interprétation. La prochaine fois, pourquoi pas un peu plus de nuance, d’intensité et de couleur? Un peu plus de tout, quoi.


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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