AI War 2, petite guerre intergalactique entre amis

0

Cessons, un moment, de parler de la destruction inévitable de la race humaine, une destruction que l’on espère longue, bien entendu, et transportons-nous plutôt dans l’univers d’AI War 2, un jeu de stratégie en temps réel développé par Arcen Games et sorti en octobre dernier, où cette disparition a déjà eu lieu. 

Finie, la Terre, donc, ou toute planète servant de lieu de naissance de l’humanité; une intelligence artificielle implacable a déjà ravagé notre monde d’origine. Tout ce qu’il reste, ce sont quelques humains dans des sarcophages, en orbite autour d’une planète de rechange un peu choisie au hasard… et toute une galaxie remplie des hordes mécanisées et implacables de ladite intelligence artificielle.

Pour l’emporter, l’objectif à atteindre est simple: détruire le cerveau central de cette intelligence artificielle. Parvenir à ne serait-ce qu’approcher de ce Graal nécessitera cependant une gestion plus que serrée de ses ressources, un sens tactique fort développé, ainsi qu’une bonne dose d’audace. Car ce qui fait la force d’AI War 2, et ce qui avait fait la renommée du premier titre, c’est justement la complexité, voire parfois la hargne de cet adversaire numérique. L’ennemi, sans pitié, vous traquera jusque dans vos derniers retranchements, vous forçant parfois à sacrifier plusieurs planètes (et leurs précieuses ressources) pour pouvoir vous replier sur un point où il sera possible d’enfin résister et de rebâtir ses flottes durement malmenées par les centaines, ou peut-être même les milliers d’aéronefs et autres vaisseaux ennemis.

Une première incursion dans l’univers du jeu peut passer près de donner le tournis: il y a la gestion des ressources, donc, mais aussi la production d’unités, leur déplacement sur la carte galactique, le développement des défenses planétaires, l’utilisation des points de recherche pour améliorer ses technologies, le piratage des installations de l’ordinateur… sans oublier, bien sûr, le coefficient d’agressivité de l’IA qui ira en augmentant à mesure que ses stations de commandement seront détruites pour faire place aux vôtres.

Image tirée du jeu

Il y a aussi les vaisseaux et bâtiments spéciaux qu’il est possible de récupérer, les unités tierces qui pourront être des alliées, mais aussi de terrifiants ennemis que rien ne pourra arrêter. Tout cela représente beaucoup, peut-être même trop de choses à gérer. Et il est vrai qu’en progressant, la gestion de dizaines de planètes peut nécessiter de jongler avec un grand nombre d’onglets, le tout en risquant d’être attaqué au même moment, et ce potentiellement sur plusieurs mondes. Cependant, les mécaniques de jeu deviennent rapidement familières, et l’on constate que les développeurs de chez Arcen Games – ils ne sont que cinq! – ont fait apparaître un charme, une logique, une beauté dans ce chaos. Tout s’imbrique parfaitement, les systèmes s’appuient mutuellement les uns sur les autres, et il est facilement envisageable de mettre sur pied un empire de taille respectable en quelques minutes. Et contrairement à bien des titres développés par des studios AAA de grande renommée, il est même possible de cliquer aisément sur un deuxième moniteur, par exemple, pour lancer de la musique ou effectuer d’autres opérations, sans perdre sa progression dans le jeu ou sans faire planter celui-ci.

Seule ombre au tableau, même en jouant à un niveau de difficulté presque trop facile – le niveau 4 sur une échelle de 7, le niveau 5 ayant été jugé trop exigeant pour un premier essai, même si certains joueurs jugent que les « vrais » ne jouent qu’à ce fameux niveau 7 –, il faudra plusieurs heures pour compléter un scénario de conquête standard. Cet aspect va-et-vient, avec, vers la fin, des combats impliquant des milliers de vaisseaux, peut finir par paraître long. Mais pour les amateurs de stratégie qui n’ont certainement pas envie de s’occuper de microgestion, et rêvent plutôt de gigantesques empires interplanétaires, avec d’immenses flottes fendant la noirceur de l’espace pour porter plus loin la résistance de l’humanité face aux froids calculs de la mort à base de silicone, AI War 2 est un must absolu. Une véritable perle comme il ne s’en fait que trop peu.

AI War 2

Développeur et éditeur: Arcen Games

Plateforme: Windows, Mac OS, Linux (testé sur Windows)

Jeu non disponible en français


Autres contenus:

The Division 2: gâchis sur les rives du Potomac

Partagez

À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

Répondre