Le président Jair Bolsonaro veut censurer le cinéma au Brésil

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Pendant la dernière campagne électorale, Jair Bolsonaro a promis de mettre un terme au ministère de la Culture et de réviser la loi permettant d’attirer le financement privé de projets culturels en échange de déductions fiscales. Alors qu’il souhaite imposer un «filtre» aux productions audiovisuelles brésiliennes, l’Agence nationale de cinéma (Ancine) est dans la mire du président.

L’Ancine développe, régule et contrôle le marché du cinéma et du média audiovisuel au Brésil. Basé à Brasilia, son bureau central est situé à Rio de Janeiro et son bureau régional à Sao Paulo. «Changer de domicile n’est pas une priorité pour un secteur aussi important qui génère autant de ressources et d’emplois dans ce pays», a affirmé la cinéaste Laís Bodansky, directrice présidente de SPCine à El Pais le 25 juillet. «Tous ces changements dévient l’attention de ce qui est le plus important : quel est le projet du gouvernement pour le secteur de l’audiovisuel?

Pour le moment, le seul projet annoncé pour ce secteur est d’instituer ce qu’il appelle «filtre» dans les productions. «Je ne peux pas accepter que l’on tourne des films comme Bruna Surfistinha (2011) avec de l’argent public», a affirmé le président Bolsonaro critiquant le financement du long-métrage de Marcus Baldini. Le film raconte l’histoire vécue d’une adolescente de la classe moyenne qui a décidé de se prostituer. «Si nous ne pouvons pas avoir de filtre, je vais mettre un terme à l’Ancine. Nous ne pouvons pas utiliser de l’argent public pour tourner des films pornographiques», a-t-il poursuivi.

Normalement, les productions audiovisuelles brésiliennes n’ont rien à voir avec les goûts du président. «Aujourd’hui, pour qu’un film soit approuvé, on analyse le type de contenu et si le budget accordé correspond à ce que le producteur prévoit faire», a affirmé l’ex-directrice de l’Ancine qui a participé à ses créations, Vera Zaverucha à El Pais, le 25 juillet. Cette analyse ne passe pas par la présidence, de sorte qu’en pratique, le «filtre» proposé n’a pas de moyens pour s’instituer.

Avec évidence, le président Bolsonaro tente de gagner du temps en provoquant l’autocensure. «Il faudrait éditer un décret déterminant de façon explicite ce qui ne peut pas se faire. Le président ne peut pas faire cela, parce que la Constitution prohibe la censure», poursuit l’ex-directrice Zaverucha.

Morale d’extrême droite

Membre de l’alliance nationale-populiste et aspirant au poste d’ambassadeur à Washington, Eduardo Bolsonaro âgé de 35 ans a été béni par le président Donald Trump lors de la première visite officielle de son père aux États-Unis.

L’événement est survenu le 19 mars dans les jardins de la Maison-Blanche, au moment où les journalistes questionnaient les dirigeants sur une intervention militaire au Venezuela. Soudain, le président Trump a porté son regard au fond de la salle, à sa droite, lançant: «Assurément, je vois à travers le public le fils du président Bolsonaro , tu peux te lever s’il te plaît? Tu as fait un travail fantastique», rapporte El Pais le 22 juillet.

À première vue, le président Bolsonaro imite son homologue américain en facilitant l’accession de son fils au poste d’ambassadeur, le président Trump a nommé sa fille et son gendre entrepreneurs, conseillers présidentiels, puis envoyés au Proche-Orient. Pour le professeur de relations internationales de la Fondation Getulio Vargas, Oliver Stuenkel, Eduardo Bolsonaro occuperait une fonction-clé, être le lien avec le réseau de chefs et penseurs d’extrême droite: l’Américain Steve Bannon, l’Italien Matteo Salvini, la Française Marine Le Pen, etc.

«Nous travaillerons avec Steve Bannon pour sauver la souveraineté des forces progressistes, globalistes et élitistes pour étendre le nationalisme raisonnable», a affirmé Eduardo Bolsonaro au mois de février lorsque le militant conservateur près de l’extrême droite, Steve Bannon, l’a nommé représentant de son organisation baptisée The Movement en Amérique latine.

N’y aurait-il pas un cinéaste brésilien pour relater la vie sexuelle des dirigeants d’extrême droite qui ont l’habitude de se payer les services de prostituées?


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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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