Le Canada à risque de perdre 154 milliards de dollars

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Les manquements en matière d’éducation et de formation au pays pourraient faire perdre jusqu’à 154 milliards de dollars à la croissance économique des prochaines années, avance l’entreprise Accenture.

Selon cette firme, à moins d’adopter de nouvelles approches révolutionnaires en matière d’apprentissage, l’incapacité à combler l’écart des compétences pourrait se traduire, pour le Canada, en une perte équivalente à la somme promise par l’investissement en technologies intelligentes au cours des dix prochaines années.

Un rapport commandé par Accenture, intitulé It’s Learning. Just Not As We Know It, et publié en collaboration avec l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 (G20 YEA), avance quelques pistes de réflexion sur la façon dont les technologies dites intelligentes changeront les tâches liées au travail et identifie de nouvelles compétences qui seront nécessaires pour les accomplir. Il lance un appel aux responsables de l’éducation et de la formation en entreprise de s’engager dans trois axes d’action pour développer ces nouvelles compétences plus efficacement.

Selon le rapport, en moyenne, 51% du temps des travailleurs au Canadapourrait se bonifier, grâce aux technologies intelligentes qui permettent l’enrichissement des compétences. Trente-huit pour cent du temps des travailleurs au Canada pourrait potentiellement être automatisé, mais l’impact varie selon le rôle et le marché géographique de l’emploi, indiquant ainsi la nécessité d’interventions ciblées afin d’accélérer les possibilités et gérer les risques, apprend-on par voie de communiqué.

Au Canada, ce sont les travailleurs en sciences et en génie qui ont le plus de possibilités d’accroissement de productivité par la bonification. Soixante-quatorze pour cent de leur temps de travail pourrait être bonifié, et la recherche d’Accenture révèle que 22% de cette bonification pourrait avoir lieu au cours des dix prochaines années. Des investissements appropriés dans le renforcement des compétences pourraient permettre de répondre à la demande de 89 000 travailleurs supplémentaires dans ces domaines au cours de la prochaine décennie, avance l’entreprise.

Compétences spécifiques

Selon le rapport, le raisonnement complexe, la créativité, l’intelligence socio-émotionnelle et la perception sensorielle sont les compétences qui gagnent en importance dans les rôles de presque tous les types d’emplois.

« Les approches d’apprentissage actuelles ne conviennent pas pour aujourd’hui, et encore moins pour demain. Les données issues des neurosciences et des sciences du comportement ont prouvé qu’il existe de meilleures façons d’apprendre, a indiqué Armen Ovanessoff, directeur principal d’Accenture Research. Bon nombre des compétences les plus importantes pour le milieu de travail de demain s’acquièrent mieux par la pratique et l’expérience. Nous avons besoin d’une refonte des approches en matière de compétences qui place les techniques d’apprentissage par l’expérience à l’avant-plan. »

Accenture recommande trois mesures pour, dit-on, « résoudre la crise des compétences ». D’abord, s’appuyer sur l’intelligence artificielle et la réalité virtuelle pour améliorer l’expérience d’apprentissage. Ensuite, maximiser le nombre de diplômés, plutôt que de se restreindre aux « quotas » imposés en fonction des formations. Enfin, le rapport propose de venir en aide aux personnes les plus vulnérables pour leur offrir de nouvelles opportunités d’apprentissage, y compris à l’aide de subventions.


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