Casa Amarilla de Buenos Aires, détour architectural

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Il ne suffit que d’évoquer une promenade sur les trottoirs couverts du centre de La Havane, longeant les murs à l’ombre de la série de colonnes, pour se rappeler la grandeur du style colonial qui fige l’Amérique de ses constructions. Connue sous le nom de Casa Amarilla, l’architecture jaune de ce complexe à logements est un héritage bien gardé de la capitale argentine, rapporte La Nacion le 21 août.

Située dans le quartier Chacarita parmi les parcs, les maisons basses et les magasins de fleurs à perte de vue, le complexe à logement a été peint de la même couleur jaune que la Casa de Almirante Brown dans le quartier La Boca. Il s’agit du même type de grande maison anglaise, à la différence que l’architecture de Chacarita relève d’un style colonial espagnol. Ainsi, elle s’inscrit dans un courant propre à la région du Rio de la Plata, un complexe à logements locatifs populaire d’antan.

Également appelée Pasaje Olleros 3951, la cour intérieure de ce complexe n’est pas un passage. Ouvert sur la rue, cet espace privé qui ressemble à un grand couloir ne donne pas sur une sortie à l’autre extrémité. Se déroulant sur un plancher en damier, ce patio andalou comprend une fontaine, des bancs de majolique, une variété de plantes et les vélos des résidents. Il s’agit de l’espace commun de 36 unités d’habitation réparties sur trois étages, connectées par des passerelles à ciel ouvert. La verticalité de la structure originale découpe la perspective créant un rythme vibrant à plusieurs échelles.

Localisé dans une partie de la ville où il y a beaucoup de circulation, à quelques enjambées d’un cimetière, un silence règne sur ce patio andalou. Cette oasis rend la nature anachronique à ce lieu où les voisins se croisent, se saluent et où les enfants se réunissent pour s’amuser comme par le passé.

L’origine de la Casa Amarilla demeure mystérieuse, une femme aurait été propriétaire des terrains de cette partie de la ville abritant les écuries du poste de police 29. La date d’achèvement des travaux est estimée entre 1920 et 1926.

L’immeuble bénéficie d’une protection de la municipalité, de sorte que la ville le repeint tous les quatre ans. Le voisinage a choisi la couleur jaune depuis quelques décennies, mais ocre est la couleur originale du style colonial.

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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