Paris en vitrine au Musée Stewart: le Paris du faste commercial

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Moment idéal pour partir à la découverte des expositions montréalaises, la saison estivale serait incomplète sans une dose d’histoire. Les curieux trouveront leur compte au Musée Stewart puisque jusqu’au 24 mars 2019, l’exposition Paris en vitrine – Les boutiques au 18e siècle propose une grandiose excursion nouveau genre dans la Ville Lumière.

Le Musée Stewart tient depuis le 25 avril 2018 Paris en vitrine – Les boutiques au 18e siècle, une exposition présentée de concert avec la chaîne TV5. Cet impressionnant événement met en lumière une facette inusitée de la capitale française, en donnant à voir près de 400 artefacts du 18e siècle. Y sont abordés des thèmes comme les pratiques commerciales, ainsi que le luxe et le faste des boutiques de l’époque, largement fréquentées par les hautes sphères de la société. Paris était une ville marchande prospère à l’époque et le musée expose toute la magnificence d’un moment de l’histoire où aristocrates, scientifiques et autres prestigieux clients s’équipaient dans les boutiques en vogue des rues Saint-Honoré, Saint-Jacques et compagnie.

Dans cette exposition que le musée décrit comme « une séduisante escapade dans la capitale française » et présentée dans une scénographie actualisée, les trois principaux quartiers commerciaux de la ville illustrent des périodes phares du Paris commercial des années 1700. À travers La Cité, La Ville et L’Université, le visiteur est amené à déambuler, tel un personnage de l’époque, avec un guide de voyage à la main.

Fait intéressant, tous les artefacts exposés appartiennent au musée. Ainsi, l’exposition présente des armes, de la monnaie, des objets en céramique, 80 livres anciens, une soixantaine de gravures et une vingtaine d’instruments scientifiques, notamment. Le Musée Stewart est par ailleurs le musée québécois qui possède la plus riche collection d’objets français du 18e siècle.

Bien plus qu’une simple visite

Déambuler les salles de Paris en vitrine, c’est un peu comme arpenter la ville à l’époque des marchands de cartes géographiques et des manufactures de produits fins. Outre les nombreux objets donnés à voir, des citations ponctuent les salles et confèrent à la visite une couleur d’antan.

Afin de vivre une véritable immersion sonore de la ville au 18e siècle, la vidéo du projet Bretez est également présentée dans l’exposition. Il s’agit d’un projet réalisé par Mylène Pardoen, chercheure et musicologue, restituant en détail le quartier du Grand Châtelet, avec les ambiances sonores telles qu’on pouvait les percevoir durant cette période de l’histoire parisienne. À travers un travail de recherche extrêmement précis, cette animation 5D permet au visiteur d’entendre les vendeurs avec leurs étals, le bruit du bétail, les carrioles qui déambulent dans les rues étroites et autres témoins sonores de l’époque.

Puis, en fin d’exposition, on invite le visiteur à expérimenter la réalité virtuelle avec une œuvre poétique qui nous plonge au cœur des artères enneigées d’un Paris rêvé et en papier. Très joliment intitulée Il neige à Paris, cette expérience signée studio BLVD se présente sous la forme d’un immense livre animé.

Le guide: un livre de voyage

Les participants sont également invités à se munir d’un guide en franchissant la première salle. En effet, on n’a pas voulu donner toutes les clés de compréhension aux visiteurs qui doivent s’alimenter à la fois dans les salles et dans le guide de visite pour faire des liens entre les objets et l’information exhibée.

À travers ce guide peuplé de délicieuses expressions d’époque et de véritables extraits de chroniques urbaines, le visiteur est plongé dans un voyage inédit d’un Paris comme il l’aura rarement vu.

Une exposition en trois temps

Dès qu’on pose les pieds dans la première salle où sont exposés les objets de cette collection, l’œil est attiré par deux points importants de la mise en scène : l’immense carte de Paris apposée sur le sol et l’impression d’horizon conférée par la mise en espace.

On entre alors dans le quartier « La Cité », peuplé notamment de divers objets scientifiques et de cartes géographiques en tout genre qu’on retrouve entre autres sur l’illustre Quay de l’Horloge.

Dans « La Ville », dominée par le luxe ostentatoire de la rue Saint-Honoré, par le Palais du Louvre de même que l’Hôtel de Ville, on y découvre l’histoire et les merveilles de la porcelaine de France. C’est également dans ce quartier qu’on déniche les enseignes d’armuriers ainsi que la célébrissime boutique Au Chagrin de Turquie. Celle-ci fut fréquentée par une clientèle distinguée, parmi laquelle Madame de Pompadour et Louis XV se sont souvent approvisionnés.

Finalement, on termine la visite par le quartier de l’Université et de la Sorbonne, là où la florissante boutique Au Petit Dunkerque vendait des marchandises françaises et étrangères. On y trouve de plus les libraires et les marchands d’estampes campés sur la rue Saint-Jacques. Puis, dans le Faubourg Saint-Marcel, la Manufacture Royale des Gobelins et ses tapisseries attendent le visiteur.

Séduisante, l’exposition Paris en vitrine propose aux visiteurs une manière intrigante d’arpenter les rues d’une ville mythique à une époque fastueuse et emblématique.

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Pour de l’information complémentaire sur le musée ou les activités en parallèle avec l’exposition: Paris en vitrine au Musée Stewart.


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À propos du journaliste

Émilie Plante

Rédactrice web, geek au tempérament artiste, Émilie est une touche-à- tout qui carbure au café et aux activités culturelles. Éternelle étudiante, elle détient un baccalauréat en histoire de l’art, une maîtrise en muséologie, a quelques cours en communication et en gestion derrière la cravate ainsi qu’un doctorat honorifique en « flattage » de chats. Depuis 2009, elle écrit pour des blogues d’entreprises ou des sites traitant de sujets divers (univers geek, communication, féminisme, musique techno, technologies) et est journaliste culturelle depuis plusieurs années. Ses sujets de prédilection sont le cinéma, la danse contemporaine, les arts visuels, la muséologie et… sans doute aussi les chats.

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