Zarathustra: des hommes et des dieux

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Après avoir inspiré des artistes et des penseurs comme Richard Strauss et Friedrich Nietzsche, c’est au tour de l’auteur Richard Marazano et du dessinateur Amad Mir de s’attaquer à l’histoire du fondateur de la première religion monothéiste de l’humanité, avec une bande dessinée intitulée simplement Zarathustra.

La couverture de l’album

Prenant place quelques deux millénaires avant notre ère dans le nord de l’Iran, ce premier tome de Zarathustra raconte comment un ancien soldat, lassé des horreurs de la guerre, décide un beau jour de tenter sa chance comme marchand dans la cité de Gonur-Depe. Se faisant appeler Amru, la vie du commerçant est déjà ardue dans cette société dominée par les femmes, mais lorsque les armées du Prince Zahhak se lancent à l’assaut de la ville, le pauvre homme devra fuir dans le désert où, suite à une rencontre fortuite avec un Amura Mazda apparaissant sous la forme d’un lion, il prendra part, bien malgré lui, à la guerre que se livrent les Dieux pour le monde des hommes.

Avec ce premier tome, intitulé Le lion porteur de la flamme, l’auteur Richard Marazano et l’illustrateur iranien Amad Mir puisent dans le riche terreau de l’antiquité pour dépeindre une période charnière de l’humanité marquée par trois changements majeurs, soit l’avènement des cités marchandes, la fin du matriarcat, et l’arrivée de la toute première religion monothéiste, le zoroastrisme, qui éleva Amura Mazda au rang de dieu unique. Tout en respectant la dimension historique, le récit ajoute une petite touche surnaturelle en mettant en images un conflit de nature divine, et insère un soupçon de violence barbare et assez graphique que ne dédaignerait pas Conan.

Une page de la bande dessinée

À l’image d’un souvenir qui se précise peu à peu, les premières planches de Zarathustra sont dépourvues de tout traçage, ce qui donne une esthétique assez unique aux dessins d’Amad Mir, comme s’ils étaient peints à l’aquarelle, et sa palette se limite à des couleurs terreuses, dont du bourgogne, du olive et du caca d’oie, mais à mesure que l’histoire progresse, les dessins deviennent plus définis, et les couleurs beaucoup plus vives. Que ce soit les impressionnants panoramas de cités antiques, les armées portant des masques de squelettes, ou les serpents sortant du dos du maléfique Prince Zahhak, on apprécie la richesse visuelle et le côté mature de l’album.

À la croisée de l’histoire et du fantasy, ce premier tome de la série Zarathustra nous replonge à l’époque où les dieux et les hommes se côtoyaient au quotidien. Si vous appréciez les bandes dessinées dans la veine de Conan ou 300, cette nouvelle série est définitivement pour vous.

Zarathustra Tome 1 : Le lion porteur de la flamme, de Marazano et Amid Mir. Publié aux Éditions Dargaud, 56 pages.


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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