The Handmaid’s Tale, saison 2: rouge couleur passion

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Le calvaire se poursuit pour June, alias OfFred, dans la deuxième saison de l’adaptation télévisuelle de The Handmaid’s Tale, le roman dystopique à succès de Margaret Atwood. Cette fois, la société théocratique de Gilead semble se rapprocher de l’éclatement, mais les forces de l’obscurantisme n’ont pas dit leur dernier mot.

Rien ne s’est vraiment amélioré, dans cette société de fanatiques religieux qui ont instrumentalisé le viol pour assurer une descendance aux dirigeants mâles. Et avec la fin de la première saison correspondant approximativement à la fin du roman de Mme Atwood, il y avait lieu de se demander si les scénaristes allaient se tirer dans le pied en étant forcés d’improviser une suite à une histoire dont le dénouement original est laissé à la discrétion du lecteur.

Cette suite, donc, débute sur les chapeaux de roues, tandis que les autorités de Gilead veulent punir les servantes écarlates, ces mères porteuses esclaves, de s’être rebellées à la fin de la saison précédente. Coup d’éclat pour ce régime se nourrissant de sa propre terreur. Les rues entourant la maison où se déroule la majorité de l’action ont beau sembler tranquilles – le tout est tourné dans un quartier cossu de Toronto -, les apparences sont trompeuses, et le public a droit à une rencontre cauchemardesque entre le pire offert par l’Inquisition, ou encore la Gestapo ou les services secrets de 1984.

L’ennui, avec cette deuxième saison, et la nouvelle liberté offerte aux scénaristes de cette série diffusée sur Hulu, c’est que cette même marge de manoeuvre télévisuelle force les créateurs à choisir entre le développement, au temps présent, des personnages dans ce qui était essentiellement un huis clos, la description plus avancée d’un monde à peine esquissé dans le roman, et les retours en arrière pour offrir des motivations plus complexes aux protagonistes. Voilà donc que l’on tente de jongler entre ces trois aspects, ce qui produit des épisodes particulièrement riches en références, en indices et autres informations utiles au déroulement de l’histoire, mais aussi des semaines où l’action tourne au ralenti, les personnages semblent avoir perdu de leur combativité, et où on finit par se dire qu’on aurait pu s’épargner l’heure consacrée au visionnement.

Déchirés entre ces trois pôles, les scénaristes sont contraints d’éviter tout chambardement assez important de l’histoire qui ferait en sorte que l’action ne se déroule principalement plus dans cette demeure cossue supposément sise à Boston.

Cette deuxième saison est-elle mauvaise pour autant? Pas nécessairement, mais il apparaît clairement que les scénaristes connaissent déjà la fin de la série, et que cette fin passe nécessairement par une troisième, voire une quatrième saison. Pourquoi tuer la vache sacrée, après tout? Sans tomber dans les détails qui gâcheraient la surprise, il est rapidement apparu que des événements déclenchés en tout début de saison n’allaient pas aboutir de la façon espérée par les personnages centraux. Qui aurait l’idée de conclure une saison après seulement quatre ou cinq épisodes?

Les thèmes sociaux abordés par la série demeurent pertinents. Simplement, on aurait aimé que les scénaristes prennent davantage de chances, plutôt que de s’en tenir à une formule mainte fois éprouvée, et qui semble justement avoir fait son temps.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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