Another Kind of Wedding: rien ne va plus dans le Vieux-Port de Montréal

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C’est une impressionnante distribution qu’a assemblée Pat Kiely pour son troisième long-métrage dont il a signé l’écriture et le scénario, mais cette énième variation sur les familles dysfonctionnelles tombe rapidement à plat, et ce même s’il se déroule dans un Vieux-Port de Montréal difficilement plus reconnaissable. Oserez-vous aborder Another Kind of Wedding, maintenant disponible en DVD?

Matthew et Louisa vont se marier, mais beaucoup de démons du passé vont refaire surface autant pour lui, son frère, ses parents que pour d’autres convives présents, rendant ce qui aurait dû être une célébration parfaite en quelque chose d’entièrement chaotique.

La pochette du coffret.

La prémisse n’est pas neuve, tout le monde l’a livré et l’a adapté à sa sauce, le mariage, outre les célébrations de jours fériés comme Noël, étant le summum de la réunion familiale, mais ici, on se désole que les péripéties manquent autant d’intérêt, de panache et même de véritable folie.

Il faut dire que Kiely est loin d’être le cinéaste le plus essentiel et si une sincérité honnête se dégage certainement de son travail, on ressent surtout son amour du Québec plutôt que de son talent pour le cinéma dans cette œuvre assez anonyme qu’on aura vite oubliée. S’étant payé notamment Anne-Marie Cadieux dans Three Night Stand, son film précédent, il s’intéresse ici à David La Haye à qui il offre un rôle complètement éclaté qui devient un peu le bouffon de service, québécois « french canadian » oblige.

Il ne faut pas se surprendre, il s’agit bel et bien d’une production canadienne-anglaise dans laquelle le Québec a contribué et même si on est allé chercher des acteurs et des actrices de partout, on a cru bon situer l’ensemble dans un paysage plus que familier.

C’est d’ailleurs le talent et l’énergie de cette distribution qui élève considérablement les invraisemblances, les retours dans le temps maladroits, la médiocrité des dialogues et la monotonie d’ensemble. Kathleen Turner est parfaitement hystérique, la fougue de Kevin Zegers est toujours aussi irrésistible alors que les nombreux Jessica Paré, Jacob Tierney, Wallace Shaw, Luke Kirby et compagnie font leur travail avec plaisir, pendant que Frances Fisher rayonne dans cette très petite production.

Ni vraiment burlesque, absurde ou véritablement impliqué, jouant sur des clichés et des stéréotypes, le film a beau essayer d’être rassembleur, même ses messages se perdent, alors qu’on n’est pas trop sûr de ce qu’est sa véritable réflexion sur l’amour et la famille..

Qu’on se le tienne pour dit, Another Kind of Wedding est une production assez déplorable qui tire profit de bien peu de choses, mais quand on cherche un petit divertissement à mettre en arrière-fond, les 87 minutes du long-métrage s’écoutent sans trop de mal. Pour le reste, on oublie la production au fur et à mesure qu’elle se déroule sous nos yeux.

5/10

Another Kind of Wedding est disponible en DVD via TVA Films depuis le mardi 19 juin dernier.


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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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