Évadez-vous des drames du quotidien avec I Kill Giants

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Adapté d’un roman graphique acclamé, I Kill Giants est une production mignonne dont on se surprend à ne pas trouver le nom de Guillermo Del Toro au générique. C’est peut-être justement cette absence qui empêche l’adaptation de s’élever au-dessus des masses.

Œuvre post-El laberinto del fauno significative, dans la lignée du plus récent A Monster Calls, I Kill Giants délaisse le film d’époque et s’amuse à brouiller les pistes de la réalité à notre époque. Usant de la métaphore au sens propre, on se sert d’une réalité fantaisiste pour traduire les drames et les traumatismes d’une enfant mésadaptée pour l’aider à tenter de surmonter chaque jour de son quotidien.

La pochette du coffret.

Jolie production discrète, le film s’écoute très bien et se dévoile délicatement à nous. La tendresse de la distribution aide, surtout avec une Imogen Poots plus tendre que jamais et l’irrésistible Zoe Saldana, dans le rôle d’une nouvelle psycho-éducatrice dévouée. Bien que charismatique, la jeune Madison Wolfe n’a peut-être pas toutes les nuances nécessaires pour pleinement nous faire tomber sous le charme d’une protagoniste a priori aussi détestable, mais elle sait certainement porter le film sur ses épaules, surtout face à des antagonistes aussi cruels quand on pense aux camarades de classe qui s’amusent à la harceler.

Là où le film finit par s’avérer insuffisant, c’est en n’offrant pas assez de ce qu’elle donne l’impression de promettre. Trop axé sur le côté mélodramatique et la psychologie qu’on fouille et explique à profusion, le long-métrage finit par donner l’impression que ses élans fantaisistes ne cadrent pas dans le portrait et peinent souvent à s’intégrer dans le portrait final. Tout l’inverse du Labyrinthe de Pan de Del Toro où les deux univers, qu’ils soient fictifs ou réels, s’amalgamaient dans une perfection envieuse.

Souvent trop gentille, la proposition qu’on nous offre ici demeure alors satisfaisante, sans pour autant aller au-delà de sa prémisse aux milles possibilités. Reste alors un beau film sur l’enfance et la force de l’imagination comme ultime ressort, lorsqu’on ne sait plus comment affronter ses démons et ses obstacles.

6/10

I Kill Giant est disponible en Blu-Ray et DVD via VVS Films dès le mardi 5 juin 2018.


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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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