Voyage au coeur de la folie, avec Hellblade: Senua’s Sacrifice

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L’attente fût longue, mais plus d’un an et demi après sa sortie sur PlayStation 4, les propriétaires d’une Xbox One peuvent enfin découvrir à leur tour le magistral Hellblade: Senua’s Sacrifice du studio Ninja Theory.

De Heavenly Sword à Enslaved: Odyssey to the West (sans oublier leur excellente relance de la franchise Devil May Cry), Ninja Theory nous a habitués à des expériences de jeu vraiment uniques, avec des protagonistes profondément humains et des visuels d’une beauté à couper le souffle. Si comme moi, vous étiez déçu que leur plus récente production soit exclusive à la PlayStation, vous serez content d’apprendre qu’une version de Hellblade: Senua’s Sacrifice est enfin disponible pour la Xbox One.

Selon ses créateurs, Hellblade: Senua’s Sacrifice est un titre triple A qui possède l’esprit d’une production indépendante. S’inspirant de la mythologie nordique et de la culture celte, le jeu se déroule au 8ème siècle et nous met dans la peau de Senua, une guerrière picte souffrant de troubles mentaux depuis que son amoureux, Dillon, a été tué. On accompagne l’héroïne lors de son périple vers Helheim, où il faudra combattre les créatures habitant ce monde infernal dans l’espoir de sauver l’âme de son bienaimé des griffes de la déesse Hela.

Image tirée du jeu

Les développeurs chez Ninja Theory ont travaillé en étroite collaboration avec des spécialistes en santé mentale afin de présenter un portrait à la fois respectueux et réaliste de la schizophrénie, et on peut dire que c’est réussi. Au-delà des simples hallucinations visuelles, le travail sonore sur Hellblade: Senua’s Sacrifice contribue largement à nous plonger dans l’état d’esprit particulier de l’héroïne, alors qu’on peut entendre constamment en toile de fond les dizaines de voix s’entredéchirant dans sa tête, semant le doute ou enhardissant sa volonté au gré des humeurs.

Hellblade: Senua’s Sacrifice s’articule principalement autour de combats viscéraux au corps-à-corps, et comme le niveau de difficulté est assez relevé, il est essentiel d’apprendre à bloquer et à esquiver, autant qu’à donner des coups, si l’on souhaite progresser dans l’histoire. En plus d’une ambiance d’horreur mélangeant mythologie et troubles mentaux, on compte aussi quelques puzzles, comme la majorité des portes, par exemple, qui sont verrouillées par des symboles magiques que l’on doit retrouver dans la nature afin de les ouvrir.

Image tirée du jeu

Pour compliquer un peu plus cette expérience déjà impitoyable, la pauvre Senua est contaminée par l’une des créatures maudites peuplant le royaume des morts au tout début de Hellblade, et une mystérieuse nécrose s’empare de sa main. Chaque fois que l’on échoue dans notre mission, les lignes noires de l’infection montent le long du bras de l’héroïne. Si la contamination se rend jusqu’à sa tête, la partie est non seulement terminée, mais le jeu efface également toutes nos sauvegardes, une mécanique aussi cruelle qu’originale.

Le monde de Hellblade: Senua’s Sacrifice est à la fois sombre et majestueux, et les graphiques comptent parmi les plus beaux sur les consoles de cette génération. Au-delà des environnements, aucun autre titre ne propose des animations faciales aussi réalistes, où l’on distingue chaque grain de beauté comme les rides et les petites imperfections de la peau. Dans ce contexte, la capture de mouvements permet à Melina Juergens, l’actrice interprétant Senua, de livrer une performance dramatique digne de ce nom.

Encore une fois, Ninja Theory livre un jeu d’une qualité exceptionnelle avec Hellblade: Senua’s Sacrifice, et malgré son niveau de difficulté élevé, il vaut la peine de se le procurer, puisqu’il s’agit du genre d’expérience qui continue de hanter le joueur longtemps après que la console soit éteinte.

9/10

Hellblade: Senua’s Sacrifice

Développeur / Éditeur : Ninja Theory

Plateformes : Windows, PS4 et Xbox One (testé sur Xbox One)

Jeu disponible en anglais seulement


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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