Comme un livre d’images

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Claude Debussy se plaisait à donner des indications bien particulières dans ses partitions. Par exemple: très doux et délicatement expressif, un peu retenu (en conservant le rythme) ou, simplement cédez. Dans ses titres aussi, il savait passer la commande, orienter l’interprète et l’auditeur vers une image qu’il avait en tête, voire un film (muet à l’époque).

À l’écoute de l’enregistrement de l’Orchestre national de France, à paraître le 20 avril prochain, sous la direction d’Emmanuel Krivine, pour peu qu’on se laisse envelopper, on se retrouve en plein cinéma. Parmi des paysages variés, des ambiances finement ciselées, des impressions fugaces ou persistantes, voilà où nous emmènent Krivine et l’orchestre.

Autant les cuivres sont éclatants et les flûtes ondoyantes, autant les cordes entourent le tout d’un filet de sécurité d’où ne peuvent s’échapper les mélodies. Tout comme le Boléro de Ravel reste attaché à l’Orchestre symphonique de Montréal, La mer et Images, de Debussy pourraient bien coller aux basques de l’ONF, mais pour les bonnes raisons.

Sous étiquette Erato. À écouter ailleurs que dans le métro, dans un endroit pour planer.


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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