Littérature – Un héritage sur papier

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Paru aux éditions XYZ, le dernier opus du regretté Jean-Yves Soucy, s’intitule, de façon juste et parfaitement bien imagée, Les pieds dans la mousse de caribou, la tête dans le cosmos.

Il s’agit d’un récit, mais j’ai envie de dire qu’il s’agit tout autant d’un testament. Quand on a été curieux toute sa vie et qu’on a toujours cherché à partager son savoir, il est juste de compléter son parcours sur cette terre en distillant encore une fois, à tous les intéressés, son savoir, son émerveillement face aux simples beautés de la nature et à l’incommensurable mystère du cosmos.

La couverture du livre.

Cette mission, Soucy s’en est très bien acquitté en complétant le projet de ce récit, tout juste avant de nous quitter. Son amour de la nature, ses questionnements passionnants sur l’immensité de l’univers et la petitesse (en taille, pas en valeur) de l’être humain, on les ressent facilement à la lecture de son dernier témoignage.

Même si ce récit ressemble souvent à une leçon de choses : voici comment s’est formé le Bouclier canadien, voilà pourquoi tel champignon est utile à son environnement et à quel moment de la saison on peut le consommer, il n’en demeure pas moins que le propos est intéressant. Il y a toujours un lien entre toutes ces informations et la réflexion que l’auteur poursuit sur l’être humain, sur ses relations, sur la vie et sa finitude. Il est très clair dans cet ouvrage que Jean-Yves Soucy se savait sur la pente descendante de la vie. Il semble qu’il avait apprivoisé la mort et qu’il ne voulait pas manquer une miette du spectacle que lui offrait encore la vie.

Peut-être est-ce dû à mon amour inconditionnel de la nature québécoise, mais je ne me suis pas lassé des nombreuses et méticuleuses descriptions de la remontée des saumons, de chacune des fosses où l’auteur a taquiné la truite, des odeurs que l’écrivain savait nous décrire comme pas un et des bruits de la nature que son ouïe défaillante l’obligeait à nous raconter sur la base de ses souvenirs.

Chapeau, Monsieur Soucy, vous avez bien vécu.


En complément:

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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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