Le double abus de pouvoir du président Bill Clinton

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Dans la foulée du mouvement #MeToo, la stagiaire qui a eu des relations sexuelles avec le président Bill Clinton il y a 20 ans, Monica Lewinsky, a affirmé dans les pages du magazine Vanity Fair qu’il y a eu «abus de pouvoir». Une révélation qui éveille son lot de nostalgie envers les années 1990, pendant lesquelles le pouvoir américain a forgé le droit de la guerre.

Assermenté à la présidence des États-Unis en 1993, M. William Clinton voulait rendre son pays plus fort, plus sûr et surtout le sortir d’une spirale de déficit qui durait depuis 1973 en tranchant en faveur de deux options, lit-on sur le blogue de Mediapart le 20 janvier 2017. D’abord, en installant le désordre dans les petits pays en périphérie par l’adoption par le Congrès de la loi Iraq Liberation Act afin de faciliter le changement de régime à Bagdad, sans s’affranchir des règles de l’Organisation des Nations unies (ONU). Ensuite, en soutenant la révolution de l’information et Internet afin de rendre à l’Amérique son pouvoir économique. Au cours des années 1990, la démocratie libérale de marché est à son apogée et les États-Unis montrent leur capacité de contrôler le système international.

À la suite de la première guerre en Irak lancée par le président George Bush père en 1991, l’Iraq Liberation Act de son successeur modifie l’équilibre politique et juridique par l’élargissement des circonstances légitimes d’entrée en guerre, lit-on dans le Monde diplomatique de février. De 1945 à 1990, l’ordre international a toujours été secoué par les crises et les conflits, mais les règles du jeu étaient clairement inscrites dans la Charte de l’ONU. Depuis sa fondation, les grandes puissances et les pays membres veillaient à éviter le principal outil générateur de chaos sur la scène internationale: le recours à la guerre et à la force.

Préparant le terrain légitime pour une intervention militaire au Kosovo en 1999, l’Irak a servi de bouc émissaire et d’exemple pour montrer la domination des États-Unis sur le globe après la guerre froide. Le président Clinton est devenu le champion des opérations militaires ponctuelles en invoquant, selon lui, des raisons «fermes et proportionnées». Le droit de la guerre a instauré la vision d’une justice détachée des réalités locales comme des rapports de forces internationaux.

La remise en question du pouvoir westphalien, c’est-à-dire la reconnaissance mutuelle d’États souverains, s’accompagne de la proclamation d’une «communauté internationale» qui épargne les grandes puissances comme les États-Unis ou la France en Afrique, réduisant les pays du Sud au rôle de spectateurs.

Communauté

Avec la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, les pays industrialisés décident de leur vocation néolibérale des tarifs douaniers et des règles régissant le commerce à travers le monde. Cette mutation est l’une des causes de la profonde instabilité actuelle des relations internationales, soutient le Monde diplomatique.

La gestion désastreuse des guerres en Afghanistan contre l’URSS, en Irak, au Kosovo et du conflit israélo-palestinien a généré Al Qaeda, ainsi que l’abandon de l’Afghanistan au moment où il faut remettre le pays en état a mené à la création des talibans, écrit le blogueur de Mediapart.  Même si la guerre a lieu en Syrie ces dernières années, les victimes qui ont pris la décision de quitter leur pays pour se rendre en Occident provenaient des diverses zones de guerres normalisées sous la présidence de Bill Clinton.

La couverture médiatique de l’enjeu des migrants des dernières années tournait surtout autour de leur accueil, sans revoir la diplomatie, l’achat d’armement et l’implication de l’aide internationale des pays industrialisés. Les manifestations du groupe Antifa et de La Meute devant l’Assemblée nationale à Québec viennent ajouter à la confusion en polarisant le débat entre deux extrêmes. Le premier s’oppose au nationalisme, alors que le second défend des convictions racistes. Il n’y a pas de place pour l’identité québécoise dans ce brouhaha.

Outre le droit de la guerre, les aventures extra-conjugales du président Bill Clinton avec sa stagiaire Monica Lewinsky ont médusé les États-Unis en 1998 et 1999. Ce scandale a-t-il fait progresser les mœurs américaines ou le féminisme en contrecarrant le pouvoir présidentiel de la puissance mondiale?


En complément:

https://www.pieuvre.ca/2018/03/01/controle-des-armes-a-feu-la-nra-accuse-trump-de-trahison/

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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