Littérature – Tout ça pour ça?

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Quatre ans de travail, quatre années de recherche et de rédaction pour achever son plus récent roman: voici ce qu’a investi Deon Meyer dans L’année du lion, paru chez Seuil.

Dès la quatrième de couverture, les habitués de Meyer peuvent s’étonner. Voilà que le maître du polar sud-africain se reconvertit pour élaborer, sur plus de 620 pages, un roman post-apocalyptique. Déjà, le thème me refroidit un peu. Comme bien d’autres romans du genre, si on peut appeler ça un genre, l’histoire commence avec très peu de protagonistes. Heureusement, notre prolifique romancier n’a pas donné dans la paresse intellectuelle et s’est donné la peine d’inclure de plus en plus de personnages, de plus ne plus d’histoires personnelles. Pour cela, il est doué. Par contre, côté intrigue, son talent semble être resté frigo, peut-être pour être ressorti lors de l’écriture de son prochain polar.

La couverture du livre.

Mais que nous raconte-t-on? Nous sommes guidés à travers la narration de Nico qui a 13 ans lorsque l’histoire commence. Avec son père, il sillonne les routes de l’Afrique du Sud après qu’un coronavirus, que tous appellent la Fièvre, ait décimé 95% de la population mondiale. Élevé par son père humaniste et idéaliste dans la rigueur intellectuelle et l’amour de la connaissance, Nico doit rapidement apprendre à se défendre et à défendre son père contre d’autres survivants n’ayant pas toujours les mêmes valeurs.

Le père de Nico caresse le projet de créer une communauté de survivants qui mette leurs forces et leurs savoirs en commun pour recréer un monde qui soit neuf et qui soit exempt des pires tares observées chez leurs semblables, avant la Fièvre.

Nous suivons donc la naissance et la croissance de la communauté d’Amanzi avec ses enjeux environnementaux, sociaux, politiques, religieux, économiques et même amoureux. Mais ni le ton, ni le rythme, ni l’histoire en elle-même ne nous donnent le goût de nous précipiter au chapitre suivant pour connaître la suite. On se dit, avec espoir, qu’arrivé à la fin, on sera récompensé. Hélas, l’imagination de l’auteur semble s’être égarée quelque part dans le veld sud-africain.


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

Un commentaire

  1. Avatar

    Je lis ce livre aujourd’hui avec un regard tout a fait différent. Et j’ai la fringale, je me précipite au chapitre suivant… Fasciné par le livre et par son anticipation… Des image du Karoo fabuleuses qui reveillent des souvenirs puissants et qui m’aide à m’echaper de mon confinement.

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