Ces pionnières qui ont fait Montréal

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Dans la foulée des activités entourant le 375e anniversaire de la fondation de Montréal, la Maison Saint-Gabriel, musée et site historique, a décidé de rendre un vibrant hommage aux femmes issues des communautés religieuses féminines. Trop souvent occulté dans l’histoire, l’héritage qu’elles ont laissé est pourtant marquant dans le paysage montréalais.

C’est mercredi dernier qu’était inaugurée 375 ans au cœur de l’action! Le legs des communautés religieuses féminines de Montréal, une exposition temporaire qui aborde l’histoire collective sous un autre œil.

L’équipe de la Maison Saint-Gabriel, en cherchant un thème innovant pour raconter l’histoire de Montréal, a choisi de faire la lumière sur la contribution de ces femmes de foi depuis la fondation de Ville-Marie en 1645 jusqu’à aujourd’hui. Bien au-delà de l’aspect religieux, ces groupes de femmes ont contribué à l’essor de Montréal et ont marqué la société de diverses manières.

Marguerite Bourgeois, Jeanne Mance, Marguerite d’Youville, sans elles et toutes les femmes d’exception qui ont pris part concrètement à l’édification d’une nouvelle ville, Montréal ne serait sans doute pas telle qu’on la connaît aujourd’hui.

Honorer les femmes d’action

Madeleine Juneau, la directrice générale du musée, trouvait important de rappeler que «la fondation de Montréal est aussi une histoire de femmes» et que l’établissement de la métropole n’est pas que l’œuvre de bâtisseurs, mais également celles de bâtisseuses. Au-delà des grandes festivités proposées dans le cadre du 375e anniversaire, elle jugeait qu’il était primordial de ne pas passer à côté de l’histoire collective et de témoigner de l’empreinte laissée par ces figures féminines marquantes partout à travers la ville. C’est ainsi que les différentes congrégations religieuses sont mises à l’honneur dans 375 ans au cœur de l’action!

Lors du lancement de l’exposition, le 31 mai 2017, Louise Beaudoin, présidente d’honneur, a évoqué la force et la détermination des femmes qui ont fait la Nouvelle-France. Et c’est non seulement à travers les religieuses des multiples congrégations présentes sur le territoire que Montréal a fleuri, mais également grâce aux Filles du Roy, aux femmes autochtones et aux femmes de vocation.

Le directeur du conseil d’administration, Pierre Rodrigue, a renchéri en mentionnant que ces femmes ont véritablement été au cœur de l’action et de l’histoire de la métropole. Selon lui, l’apport et la détermination de ces femmes n’ont malheureusement pas toujours été reconnus et une exposition comme celle présentée à la Maison Saint-Gabriel redonne des lettres de noblesse à ces femmes d’action.

Souligner l’apport des religieuses dans la société d’hier et d’aujourd’hui

375 ans au cœur de l’action! retrace la place qu’elles ont occupée dans les diverses sphères de la société par le biais d’objets d’époque, de documents d’archives et de supports visuels. Ces femmes sont des bâtisseuses, des éducatrices, des infirmières, des travailleuses sociales, des musiciennes, des scientifiques et elles se sont brillamment manifestées dans la collectivité montréalaise par leurs gestes au quotidien.

L’exposition offre une vue d’ensemble sur cet imposant travail, mais dresse également le portrait de femmes exceptionnelles dans plusieurs domaines : l’éducation, les soins de santé, la lutte à la pauvreté, le patrimoine architectural et ainsi de suite. Les objets sélectionnés servent ainsi à communiquer la diversité de leur œuvre et à mettre en lumière des projets dans lesquels elles se sont investies concrètement.

Encore aujourd’hui, les communautés religieuses de femmes continuent à s’illustrer ici et ailleurs et l’exposition évoque également leur présence dans l’action d’aujourd’hui. Même si leur nombre décline et qu’elles semblent moins visibles dans le paysage montréalais, elles poursuivent leur travail en propageant les mêmes valeurs sociales que leurs prédécesseures.

En terminant, mentionnons que suite au démantèlement du Centre historique des Sœurs de Sainte-Anne en 2014, ces dernières ont fait un important don à la Maison Saint-Gabriel. Plusieurs des artéfacts sont d’ailleurs donnés à voir dans l’exposition temporaire qui parle également de cette congrégation, parmi toutes celles qui ont donné une couleur locale à cette ville qui célèbre ses 375 ans cette année.

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L’exposition temporaire est présentée jusqu’au 22 décembre 2017.

Pour plus d’informations: http://www.maisonsaint-gabriel.qc.ca

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À propos du journaliste

Émilie Plante

Rédactrice web, geek au tempérament artiste, Émilie est une touche-à- tout qui carbure au café et aux activités culturelles. Éternelle étudiante, elle détient un baccalauréat en histoire de l’art, une maîtrise en muséologie, a quelques cours en communication et en gestion derrière la cravate ainsi qu’un doctorat honorifique en « flattage » de chats. Depuis 2009, elle écrit pour des blogues d’entreprises ou des sites traitant de sujets divers (univers geek, communication, féminisme, musique techno, technologies) et est journaliste culturelle depuis plusieurs années. Ses sujets de prédilection sont le cinéma, la danse contemporaine, les arts visuels, la muséologie et… sans doute aussi les chats.

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