Craig A. Munro: déterrer les os d’un passé fantastique

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À quelques jours de l’arrivée en librairie de Bones of the Past, le premier roman de la saga des Books of Dust and Bone, l’auteur Craig A. Munro, établi à Ottawa, prend le temps de répondre aux questions de Pieuvre.ca et nous parle de littérature, d’univers fantastiques et d’influences formatrices.

The Bones of the Past, donc. Le livre avait intrigué, un peu plus tôt cette année, malgré une accroche marketing manquant un peu d’audace. « Destiné aux amateurs de George R.R. Martin », pouvait-on lire dans le titre du courriel reçu dans la boîte de réception de ce journaliste. Et s’il est vrai que l’on s’imaginait déjà soupirer, à la lecture du quatrième de couverture, où il est question de la Garde de la nuit, Munro avait réussi à échapper aux pièges de l’imitation pour plutôt s’inspirer de l’univers d’A Song of Ice and Fire (la saga de Martin), certes, mais en développant ensuite ses propres idées et en faisant se faire percuter le tout dans un maelstrom qui a nécessité, en bout de ligne, que l’on reprenne son souffle une fois la dernière page tournée.

En plus de George R. R. Martin, la lecture de Bones of the Past rappelait l’excellent auteur fantastique China Miéville et son étrange cité-État aux mille détours, pièges et créatures incroyables de Perdido Street Station.

En entrevue, M. Munro mentionne pourtant que bien que les oeuvres de Miéville soient dans sa pile de livres à lire depuis belle lurette, il n’a pas encore donné suite à cette démarche. « Vous n’êtes pas le premier à me poser la question au sujet de Perdido Street Station… Il va vraiment falloir que je le lise! », lance-t-il.

« Pour George R. R. Martin, la question est plus complexe. Monsieur Martin fait partie d’un nombre d’auteurs qui m’ont inspiré d’une façon ou d’une autre. Les réactions très viscérales qu’on ressent pour les personnages dans A Game of Thrones sont particulièrement admirables à mon avis, mais pas plus que la richesse incomparable que Steven Erikson a réussie à créer dans ses romans Malazan, ou l’imagination incroyable de Alan Campell dans The Deepgate Codex, ou encore l’approche scientifique à la magie de Julian May dans The Saga of Pliocene Exile. Je pourrai en citer bien d’autres! », poursuit l’auteur.

Cette passion pour la littérature, et surtout la littérature fantastique, Munro la tient aussi du classique des classiques du genre: Tolkien et son Seigneur des Anneaux. « Ce fut le début d’une obsession avec l’imaginaire et l’irréel qui englobe tout ce qui est fantastique et science-fiction », lance l’auteur, qui dit avoir lu des centaines de romans du genre depuis 30 ans.

« Écrire un roman est quelque chose que j’envisageais depuis très, très longtemps. J’écrivais souvent des fragments d’histoires quand j’étais jeune sans jamais m’y dédier sérieusement. Il aura fallu attendre mes 34 ans quand j’ai avoué cette passion secrète à ma femme pour que l’affaire se mette en marche. Elle m’a tout de suite offert un stylo et un calepin en me disant qu’elle avait hâte de lire mon histoire et s’est assurée que j’avais le temps pour m’y consacrer – sans elle ça n’aurait jamais été possible! »

Alors que les commentaires à propos de Bones of the Past sont déjà « extrêmement encourageants », Craig A. Munro travaille sur la suite de l’histoire, The Tide of Madness, « qui est déjà écrite à 50% », et qui devrait sortir à l’automne 2018. Pour l’instant, l’auteur cherche à créer une trilogie. Et peut-être, par la suite, une deuxième trilogie « située dans un futur lointain », voire de courts romans complémentaires pour « explorer le passé de personnages secondaires ». Tout dépendra, rendu là, du succès des premiers livres, mentionne l’auteur.

Pour les amateurs francophones, enfin, il faudra s’armer de patience, reconnaît M. Munro, qui parle d’un calendrier de production trop chargé pour envisager de faire traduire ses livres de l’anglais au français. D’autant plus que l’éditeur, Inkshares, ne publie que des textes dans la langue de Shakespeare. L’entreprise serait toutefois « tout à fait ouverte à établir des accords avec des éditeurs dans d’autres langues, ou étant installés dans d’autres régions ».

En attendant, The Bones of the Past se retrouvera sur les tablettes des libraires à la fin du mois de mai.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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