Le roi Arthur, ou le roi Henry?

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Samedi soir dernier, à la Maison symphonique, les Violons du Roy et La Chapelle de Québec présentaient le demi-opéra Le roi Arthur d’Henry Purcell. Sous la direction du fondateur des Violons du Roy, Bernard Labadie, les solistes invités étaient Anna Prohaska, soprano; Daniel Moody, contre-ténor; Andrew Staples, ténor; Tyler Duncan, baryton.

Participaient aussi aux prestations solos, trois membres de la Chapelle de Québec: Josée Lalonde, contralto; Robert Huard, baryton-basse et Sheila Dietrich, soprano.

Au programme, une seule œuvre. Une œuvre magistrale, royale, une œuvre exigeante, une œuvre enlevante. Une seule œuvre, mais un vaste programme, car toute la gamme des émotions se retrouve dans ce livret et dans cette partition.

D’entrée de jeu, on nous annonce que la soprano invitée devra partager ses interventions avec des collègues du chœur, pour des raisons de santé. Nous sommes alors un peu inquiets pour Madame Prohaska. Inquiétude vite dissipée dès les premières mesures chantées par la soprano qui a fait flèche de tout bois pour séduire, que dis-je, pour ravir le public montréalais. Mais la complexité et la richesse du Roi Arthur, fait en sorte que tous se trouvent, à un moment où à un autre à avoir la part belle, qui, dans un solo, qui dans un chœur, qui dans une partie tout instrumentale.

Ainsi, nous avons pu apprécier deux envolées, timbales et trompettes, si particulières à la musique de Purcell. De même, les cordes, les bois et en particulier les flûtes à bec, ainsi que la guitare baroque et l’archiluth ont tous pu se distinguer dans ce qui se trouve à être, tout à la fois, un drame, un ballet musical et un marivaudage.

Outre Madame Prohaska qui vient sans doute de se faire offrir un abonnement au public montréalais, le baryton-basse Tyler Duncan a grandement impressionné par la richesse de ses couleurs vocales et par la suavité de son chant, même dans les mesures exigeant puissance et endurance.

Le maestro Labadie, quant à lui, a démontré que l’orchestre et le chœur lui obéissaient au doigt et à l’œil en les faisant se répondre avec une netteté et une fluidité remarquables.

Quatre grandes vedettes se sont donc illustrées, dans ce concert. Quatre, me direz-vous, mais il en manque une… Le chœur, mesdames et messieurs, la Chapelle de Québec. Tellement bien préparé, tellement puissant, tellement investi. De toute beauté! Devinez quoi: l’ovation a duré plusieurs minutes.

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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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