Wilson: un peu grinçant, mais surtout confortable

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« In fifty years, we all gonna wake up and realize that none of the stuff that we did matters. » Cela peut sonner dramatique, mais la plus récente comédie de Craig Johnson, qui nous a donné True Adolescents et le plus récent The Skeletons Twins, nous plonge en rigolant dans l’univers cynique et solitaire de Wilson.

Celui-ci est incarné par un Woody Harrelson qui semble, à chaque rôle, nous inquiéter, nous arracher un sourire malgré nous, ou les deux à la fois. C’est là un choix judicieux: l’acteur possède toute la maturité nécessaire pour personnifier un Wilson grincheux, misanthrope et dégoûté de la civilisation moderne… tout en le rendant attachant et en nous portant à réfléchir sur les choix que l’on veut faire tout au long de notre vie.

Il vit dans une petite ville anonyme, vivant une existence solitaire avec son chien. La mort de son père fait craquer sa coquille: sans famille, il se rend compte qu’il n’a plus personne de proche dans sa vie. Il n’est pas très doué pour se faire de nouvelles rencontres (les scènes où il tente de « socialiser » avec des inconnus sont hilarantes), et décide donc de reprendre contact avec son ex-femme Pippi. Incarnée par Laura Dern, l’impétueuse et sauvage Pippi lui apprend une nouvelle fracassante: 17 ans plus tôt, elle a mis en adoption leur fille, dont il ne connait pas l’existence. Évidemment troublé par cette révélation, il reprend contact avec Claire, joué par Isabella Amara. Il découvre alors un nouveau sens à sa vie, qui le rend le tout plutôt touchant…jusqu’à ce que les parents adoptifs de Claire mettent fin à leurs rencontres de manière brutale.

Sans révéler la fin, quelque peu décevante et tirée par les cheveux, mais tout de même optimiste, Wilson apprendra à la dure que tout ce qu’on veut dans la vie peut être juste devant soi.

Wilson est une comédie brillante par moments, avec des acteurs talentueux. Craig Johnson semble confortable dans cet univers de personnages gauches et rebutés par la société moderne, qu’il recrée de différentes façons dans chacun de ses films.

Et c’est le mot à retenir de ce film: confortable. Bien que quelques blagues soient grinçantes, bien que les héros soient plus « tordus » que la normale, cela ne suffit pas à combler les nombreuses faiblesses du scénario. Bien qu’originale, la structure de celui-ci reste en somme plutôt conventionnelle.

Malgré tout, Wilson reste un agréable moment à passer, qui nous faire rire tout en nous faisant réfléchir aux relations humaines que nous entretenons autour de nous.

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À propos du journaliste

Émilie Descôteaux

Fanatique de voyages, de légendes urbaines, de documentaires sérieux et de télé-réalité contre-productive, Émilie s'intéresse à l'humain, aux sociétés qu'il habite et à toutes ses facettes, bonnes ou mauvaises. Et surtout, par tout ce qui n'a pas été raconté par elle...encore.

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