Cours d’éducation financière: des profs exigent un moratoire

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De nombreux syndiqués du milieu de l’éducation montent aux barricades pour exiger que le ministre Sébastien Proulx recule dans le dossier du cours d’éducation financière, et revienne sur son engagement à « imposer » ce nouveau cours dès la rentrée scolaire 2017.

S’exprimant par voie de communiqué, l’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ-QPAT), la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) et la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) estiment qu' »en modifiant unilatéralement et aussi rapidement la grille-matière,  le ministre manque de respect à l’endroit du personnel enseignant et des élèves et fait fi des encadrements légaux qui prévalent ».

Les organisations syndicales demandent donc un moratoire sur l’implantation de ce cours, le temps de faire correctement les choses, en tout respect de la loi, précise-t-on.

Ces trois organisations disent ainsi dénoncer « l’absence de considération du personnel et le non-respect des étapes qui permettent l’implantation d’un nouveau cours ». Toujours au dire des syndicats, « la procédure légale exige une consultation formelle des acteurs du milieu d’une durée de 45 jours », ce qui ne serait pas le cas actuellement.

Dans un communiqué publié le 16 décembre, le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport annonçait son intention d’introduire deux unités obligatoires de la matière Éducation financière et de modifier le nombre d’unités obligatoires pour le cours Monde contemporain en cinquième secondaire; « deux unités seront dorénavant obligatoires et deux unités deviendront optionnelles de manière à permettre aux écoles de mieux répondre aux besoins des élèves ».

« En imposant ce cours pour la prochaine rentrée, le ministre n’a pas pris en compte la réalité de l’organisation scolaire. Dans plusieurs milieux, la grille-matière était déjà adoptée pour l’an prochain ou le processus de consultation était déjà bien entamé. Le ministre bouscule les enseignantes et enseignants qui devront aussi implanter en même temps les nouveaux programmes d’histoire nationale de secondaire 3 et 4. Or, ça s’est justement très bien passé de ce côté. Pourquoi faire autrement ici? Pourquoi n’avons-nous même pas droit à des projets-pilotes pour nous approprier le contenu et procéder aux ajustements requis? Il est plus que temps qu’on respecte notre travail et notre expertise. Encore une fois, la façon de faire du ministère est alarmante », avance de son côté Josée Scalabrini, présidente de la FSE.

Les trois organisations, constatant que M. Proulx a passé outre leurs recommandations concernant le calendrier de mise en place du cours, exigent donc l’imposition d’un moratoire pour la prochaine rentrée scolaire, le temps de pouvoir consulter les membres des trois regroupements syndicaux.

L’APEQ, la FAE et la FSE se disent également disposées à rencontrer le ministre Proulx « dès que possible », et « lui exposer différentes solutions respectueuses des profs et des élèves afin que le ministre puisse réajuster le tir ».

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