Big Potato, le petit joueur à la conquête du monde

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Hugo Prévost

De l’autre côté de l’Atlantique, une petite entreprise de jeux de société résistent encore et toujours à l’envahisseur. Mais cette fois, les adversaires sont français et allemands, et nos héros sont en fait… britanniques. Et avec la sortie récente de Rainbow Rage, leur plus récent titre, les gens de chez Big Potato entendent bien laisser leur marque dans un secteur de plus en plus exigeant.

En entrevue peu de temps après un passage à l’édition 2016 de Gen Con, le rendez-vous annuel des amateurs et passionnés de jeux de société organisé à Indianapolis, aux États-Unis, les créateurs de chez Big Potato ont de quoi célébrer. La raison? Le catalogue des jeux de la jeune entreprise vient enfin d’atterrir en Amérique du Nord. Après avoir été confinés au marché européen et à la vente en ligne, voilà donc que les titres de Big Potato débarquent chez Target.

« En gros, notre mission à Gen Con était de dire « Tadam! Les jeux Big Potato sont arrivés en Amérique du Nord. Venez y jeter un coup d’oeil, et apportez une patate pour gagner un jeu! », explique Tristan Hyatt-Williams, l’un des fondateurs de l’entreprise.

M. Hyatt-Williams, qui se décrit lui-même comme les « Mots » au sein de la compagnie, explique que le nom Big Potato est en fait d’origine chinoise. « Un ami qui revenait de ce pays m’a dit que cette expression est employée pour parler d’une personne qui a du succès. J’ai pensé que c’était une phrase rigolote, et je l’ai donc employée pour le nom de mon premier jeu, qui est devenu notre jeu questionnaire Linkee. Et c’est pourquoi le nom Linkee est inscrit en caractères ayant l’allure de pommes de terre. »

Ce jeu sera l’élan qui marquera le début de l’aventure de Big Potato. « Je l’ai inventé en 2005 parce que ma famille avait la capacité d’attention d’un poisson rouge et ne pouvait jamais terminer une partie de Trivial Pursuit ou de Monopoly, ou de n’importe quoi qui dure plus de 30 minutes. Alors je me suis donné le défi de concevoir un jeu qui se jouait rapidement, qui était facile à apprendre et auquel tout le monde pouvait jouer en tout temps. Après six ou sept années d’essais et d’erreurs, Linkee est venu au monde! »

Big Potato a ainsi choisi la niche des jeux de party: « Nous avons constaté que davantage de gens aiment ce type de jeux comparativement à d’autres genres. Nous pensions également que les autres créateurs étaient plus efficaces pour créer des jeux plus complexes que nous, alors nous nous sommes donné une règle de fonctionnement voulant que nous en restons généralement aux jeux qui sont faciles à apprendre et à jouer », mentionne M. Hyatt-Williams.

Avec la multiplication des jeux de société, l’apparition de cafés dédiés aux jeux de plateau et autres divertissements du genre, est-il facile de trouver sa place? « Les petits joueurs commencent à dominer le paysage. Regardez simplement Cards Against Humanity. Ils sont sortis de nulle part, ils ont fait ce qu’ils voulaient, n’ont pas respecté les règles traditionnelles et ont gagné sur toute la ligne. Avec Kickstarter, le web, les réseaux sociaux et le nombre toujours plus grands de clubs de jeux de société et de conventions, le petit joueur peut commencer à s’en prendre aux plus gros. Et la petite entreprise peut être plus agile, s’adapter aux circonstances et prendre des décisions beaucoup plus rapidement que les grandes compagnies. »

Quel est donc l’objectif de Big Potato, à la lumière de toutes ces transformations? « La domination du monde, en gros », lance Tristan Hyatt-Williams, tout sourire.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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