Littérature – In vino veritas?

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Martin Prévost

Aux éditions du Seuil paraissait cet hiver le plus récent roman policier de Deon Meyer, En vrille. Auteur d’une dizaine de best-sellers traduits dans plusieurs langues, Meyer est originaire d’Afrique du Sud et s’il y a une constante dans le contenu de ses romans, ce ne sont pas des personnages ou des intrigues semblables. C’est plutôt une capacité à décrire avec respect, avec amour, ce pays qui l’habite. Autant les gens que les lieux, Deon Meyer les respecte et sait les décrire avec la passion d’un profond attachement.

En prenant le prétexte d’une enquête pour meurtre, l’auteur a choisi de nous raconter la petite histoire de la culture du raisin et de l’élevage du vin en Afrique du Sud. De la culture grossière à la compétition avec les plus grandes traditions vinicoles, en passant par la vente en gros et la contrefaçon, le lecteur a droit à une description fouillée et plutôt bien documentée sur l’évolution de la dive bouteille, là où on parle l’afrikaans. Mais, comme s’il ne savait pas trop comment intégrer ce sujet dans la trame policière, Meyer a cru bon de transmettre ces notions à travers une improbable confession à n’en plus finir.

Cela dit, ce roman a des allures initiatiques. Les personnages principaux y tentent tous, plus ou moins, de devenir quelqu’un d’autre. Il y a d’abord l’inspecteur qui vient des quartiers populaires et qui se donne des allures de bourgeois raffiné pour séduire une femme qui n’est pas de son milieu. Il y a aussi le policier atteint d’un trouble de stress post-traumatique, avec alcoolisme à la clé, qui tente de s’en sortir. Ou en encore un propriétaire terrien qui espère contrecarrer la guigne qui s’est toujours acharnée sur sa famille, génération après génération. Et enfin, le jeune propriétaire d’entreprise innovante qui a vu un peu trop grand et qui peine à rattraper le train en marche.

Pour tenir tout cela ensemble, Meyer a contacté une intrigue qui se tient et nous tient en haleine, appuyée par un style rythmé et efficace. Certaines ficelles sont un peu grosses, mais le dénouement de cette pelote ne déçoit pas. Ne boudons pas notre plaisir.

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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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