The Hunger Games – Mockingjay Part 2: parce qu’au fond, on s’en fout

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Si l’on oublie les rumeurs de suite ou de tout autre antépisode envisageables à la Harry Potter pour ceux qui ne sont pas capables de tourner la page (et là on ne parle pas nécessairement de celles des romans dont ces franchises sont issues), ce nouveau volet nous offre au moins une satisfaction: celle de pouvoir crier à gorge déployée, telle une Jennifer Lawrence en pleine hystérie (état commun pour son personnage Katniss dans la série), qu’enfin, oui, enfin! C’est terminé!

Futur dystopique au visuel navrant et à la philosophie primaire et coincée, il y avait dans cette idée de carnage forcé, voyeuriste et gratuit quelque chose d’un tant soit peu libérateur dans ses premiers tournants. Toutefois, lorsque l’entreprise a voulu prendre de l’ampleur et donner une vision d’ensemble plus globale de ses desseins, disons que la supercherie, à l’image de ses arènes simulées, est vite tombée à plat pour démontrer qu’au fond, aucune profondeur n’était vraiment présente et que toute cette révolution avait plus l’étoffe d’un coup de vent que d’un vrai tourbillon de changement. En d’autres mots, la tempête dans un verre d’eau dépeinte dans la série est loin d’avoir l’impact d’un V for Vendetta par exemple, comme on s’en rend compte avec cette finale qui ne sait tout simplement pas comment se terminer.

D’une certaine façon, le fade exercice est un brin plus aguichant puisqu’à la manière du supplice de la goutte d’eau, on a pris soin de séparer le dernier chapitre en deux films distincts, faisant en sorte que la partie 1 s’avérait de loin l’un des films les plus monochromes, ennuyants et inutiles de la série. À l’inverse de Harry Potter, qui en offrait l’un des plus posé, mélancolique et poétique, et de Twilight qui livrait pratiquement une hilarante parodie dans le cadre même de la franchise, The Hunger Games qui se prête au même jeu n’avait tout simplement pas réussi à en justifier le concept.

Du coup, avec plus d’action en banque grâce à tous ces pièges qui se croient imaginatifs et ce certain sentiment de déplacements constants, la partie 2 garde un peu mieux éveillé, ce, si l’on oublie cette noirceur constante dans laquelle on ose nous plonger, au point de ne rien y voir. Par contre, le scénario fait foncièrement défaut et ses revirements font vite grincer des dents. Avec cette absence de nuance ou d’enjeux un tant soit peu logiques, avec ces créatures des profondeurs qu’on ne s’expliquera et ne nous expliquera jamais, et toute cette talentueuse brochette d’acteurs qu’on exhibe en vain, c’est surtout de la colère qu’on ressentira.

Après tout, si l’on construisait le but ultime de la protagoniste envers le président Snow à la manière de la quête de The Bride dans Kill Bill, on sera particulièrement sceptique face à la tournure des événements, mettant en scène une confrontation qui tombe aussi à plat que celle de Harry et Voldemort ou même Batman et Bane. En changeant le tir de place, on perd le focus sur le sens de la série et on réalise qu’au fond, on se fout autant au sein même de la franchise de ce qui se passe que la majorité des spectateurs, avant de tomber dans un des derniers actes les plus bâclés depuis longtemps.

Ainsi, n’en déplaise à ces quelques adieux qui essaient de nous tirer des larmes, à l’inverse de tous ces autres personnages qu’on abandonne au passage sans jamais y revenir, et les somptueux costumes de Effie Trinket, la fin est aussi déplorable que le moment où J.K. Rowling a mis au monde un être fictif prénommé Albus Severus. Avec un épilogue qui se croit rassembleur, on s’avère plutôt sirupeux et sans véritable saveur, à l’image d’une franchise qu’on aura épuisée jusqu’à la fin. Tout cela est alors fort dommage puisque pendant que certains oseront parler d’ambitions qui n’iront pas nécessairement au bout de leurs idées, on préfèrera plutôt de notre côté penser à tout ce beau talent qu’on aura paresseusement gâché.

À noter que ce film testament de l’irremplaçable Philip Seymour Hoffman importe peu en ce qui concerne les scènes qu’il a ou non tournées, puisque sa présence est si accessoire et inutile qu’on a à peine le temps de déterminer si sa présence est véritable ou altérée.

4/10

The Hunger Games: Mockingjay Part 2 prend l’affiche ce vendredi 20 novembre 2015. Plusieurs projections spéciales ont tout de même lieu ce jeudi 19 novembre.

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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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