Les développeurs de jeux s’inquiètent des changements chez Steam

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Les temps pourraient bien s’annoncer plus durs pour Valve, propriétaire de la boutique de jeux vidéo en ligne Steam. Dans la foulée de l’annonce du lancement d’un service concurrent, piloté par le grand nom Epic Games, un sondage révèle que les récents changements annoncés à la distribution des revenus chez Steam inquiète les développeurs, parfois même au point de les convaincre de quitter carrément le service.

Selon ce que rapporte Gamasutra, le développeur indépendant Lars Doucet a tenté de prendre le pouls de ses collègues en leur faisant remplir un sondage portant sur les pratiques commerciales de Steam. 

Jusqu’à tout récemment, la boutique de Valve récupérait 30% des sommes amassées lors des ventes de jeux. La pratique, déjà peu appréciée lors d’une précédente édition du coup de sonde, où 11% des répondants estimaient que Valve « ne méritait pas son 30% », est devenu largement conspuée, alors que 69% des 167 répondants croient maintenant que la compagnie n’en fait pas suffisamment pour ce mériter cette quote-part.

« Je ne pensais pas refaire un autre sondage, cette année, mais plusieurs choses se sont produites », écrit M. Doucet dans son billet de blogue contenant les résultats du coup de sonde. D’abord, dit-il, un bogue survenu en octobre aurait réduit de moitié les revenus de certains développeurs indépendants. Ensuite, la décision de Valve de réduire leur proportion des sommes récoltées, mais seulement pour les studios et développeurs engrangeant 10 millions et plus. Enfin, l’annonce, par Epic Games, d’une boutique où tous les développeurs, petits et grands, récupéreraient 88%, a fini de convaincre le développeur d’interroger de nouveau ses collègues et confrères.

Si l’échantillon est faible, M. Doucet estime qu’il est suffisamment représentatif pour permettre d’en tirer des conclusions. D’ailleurs, qu’ils soient riches ou possèdent des revenus plus modestes (62% des répondants ont dit avoir gagné de 0 à 250 000 $ au cours de leur carrière, contre 18% ayant gagné entre 250 000 à 999 000 $, et 20% ayant gagné 1 million ou plus), les développeurs sondés ont très largement estimé que « l’algorithme » de Steam était le principal problème de la plateforme à l’heure actuelle (les codes informatiques responsables pour l’affichage, ou non, des titres sur les pages principales de la boutique), suivi de très près par « une meilleure part ou une part plus juste des revenus ».

Epic Games fait des heureux

Par ailleurs, toujours selon Gamasutra, les changements apportés chez Valve ont poussé des studios de jeux vidéo à carrément retirer leur(s) titre(s) de la boutique Steam pour se tourner plutôt vers la boutique d’Epic Games pour y offrir leurs créations en exclusivité ou en quasi-exclusivité.

Ce serait ainsi le cas pour Coffee Stain Studios, qui travaille au jeu de gestion d’usine en première personne Satisfactory, dont le titre ne paraîtra pas sur Steam, mais uniquement chez Epic.

Idem pour Team17, entre autres connus pour la série Worms, dont le prochain jeu Genesis Alpha One ne sera plus lancé sur Steam le 29 janvier, comme précédemment annoncé.

Chez Double Damage, enfin, on a mentionné dans un billet de blogue que le jeu d’aventure dans l’espace Rebel Galaxy Outlaw sera publié en exclusivité chez Epic, puis « ailleurs » un an plus tard.

Dans ce billet, le studio impute carrément cette décision à la part des revenus récupérée par Epic. « Nous espérons lancer une nouvelle norme. Avant Valve et la division 70/30, il était franchement difficile d’être un indépendant, que ce soit en termes de répartition des revenus ou de capacité de vendre des produits sans éditeur; Epic utilise son influence pour aller encore plus loin, à 88/12. C’est tout un autre groupe de développeurs qui peuvent survivre », écrit l’entreprise en ajoutant espérer « être l’un des canaris dans la mine de charbon ».


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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