Harry Potter et la coupe de feu en ciné-concert

1

Pour la quatrième fois, la troupe Ciné Concert était de passage à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. Vendredi et samedi soir dernier, on y présentait Harry Potter et la coupe de feu en concert symphonique, sous la baguette de la charismatique chef d’orchestre Sarah Hicks. 

Son orchestre, Orchestra Live, interprétait en direct la bande sonore du film alors que la piste audio ne contenait que le dialogue des acteurs.

Si le thème principal de la série a été largement popularisé grâce au génie musical de John Williams, le quatrième film de la franchise avait fait l’objet d’une mini polémique à l’époque, car les arrangements musicaux avaient été repris par le compositeur Patrick Doyle. À l’exception du Thème d’Hedwig, cette trame sonore avait alors fait tabula rasa de la plupart des moments musicaux majeurs hérités de l’ère Williams. Doyle avait livré des compositions plus contemporaines, mélangeant les airs celtiques avec une noirceur symphonique dont Williams était moins friand. Il faut aussi souligner le fait que John Williams ne revint jamais à la barre musicale des autres épisodes d’Harry Potter.

Le film avait aussi reçu un accueil mitigé, puisque son adaptation plutôt « plastique » et certains passages abrégés avaient fait couler beaucoup d’encre parmi les fans. Bref, ce n’est pas dans ce chapitre de la saga qu’on retrouvera de grandes envolées lyriques à l’instar de Williams ou de ses successeurs, les compositeurs Nicholas Hooper et Alexandre Desplat, qui composèrent les partitions subséquentes. Toutefois, c’est dans cet épisode de la série que les protagonistes débutent leur romance adolescente, faisant l’objet de beaux moments musicaux comme dans la pièce Harry in Winter. Malheureusement, beaucoup de passages du film sont plutôt comblés par des mesures de remplissage sans grand intérêt.

Une machine bien rodée

L’organisation de l’orchestre était comme d’habitude sans faille. La facture sonore de l’ensemble apparaissait tellement uniforme qu’aucune section particulière de l’orchestre ne se distinguait véritablement. On en est presque à se demander si certaines portions du film n’étaient pas un peu adaptées. C’était manifestement le cas dans les passages de la coupe internationale de Quidditch, où les mesures de musique celtique n’étaient pas reprises par l’orchestre. Ce manque d’attaque ne contribuait pas à la création d’émotions, ni de souvenirs musicaux particuliers. Il n’en demeure pas moins, comme nous l’écrivions lors de notre précédent visionnement, qu’il demeure toujours fascinant de voir les artisans à l’œuvre, respectant le minutage de chaque scène pour terminer chaque mesure de façon parfaitement synchronisée avec les dialogues du film. Même après quatre concerts, nous sommes toujours aussi impressionnés par cette maîtrise de l’orchestre.

Si dans les premiers passages à Montréal de cette troupe, on pouvait apercevoir beaucoup d’enfants déguisés accompagnés de leurs parents, le public cible semble s’être déplacé vers les jeunes adultes. Il faut dire que le prix prohibitif des billets rend l’expérience malheureusement inaccessible pour une famille nombreuse. C’est bien dommage, quand on sait que ces concerts permettent de redécouvrir ces films sur grand écran, mais surtout de démocratiser la musique de film en plus de prendre conscience de tous les défis techniques qui entourent l’enregistrement des trames sonores : synchronicité et multitude de thèmes rapprochés.

La troupe sera de retour au printemps, le 24 et 25 mai 2019, pour la projection du film Harry Potter et l’Ordre du Phénix. Il s’agira de la première restitution en direct de la musique du compositeur Nicholas Hooper.


Autres contenus:

Crazy Rich Asians: romance à Singapour

Partagez

À propos du journaliste

Xavier Proulx

Architecte, ingénieur et photographe, Xavier Proulx est journaliste pour Pieuvre.ca depuis plusieurs années. Mélomane averti, il se spécialise dans la couverture des événements musicaux de Montréal. Pour lui, ces compte-rendus sont un prétexte pour décrire de façon onirique les impressions du spectateur.

Un commentaire

  1. Pingback: La course des tuques: « Lâche-moi le péteux! »

Répondre