Yoga et ayurveda, la combinaison santé

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Venant de l’Inde et datant de 5000 ans, la médecine ayurvédique est une option de traitement aux côtés des médecines traditionnelles autochtone, chinoise et tibétaine. Sans remplacer la médecine scientifique occidentale, l’ayurveda propose une approche complémentaire.

Ayant suivi une formation professionnelle au California College of Ayurveda, Gabrielle Ferland démystifie cette médecine alternative en entrevue.

L’ayurveda provient-il de l’hindouisme ?

Oui, si on connaît les origines il y a un aspect mythologique. Mais, les principes qui en découlent, qui vont servir à soigner les gens, c’est principes-là ne sont pas hindouistes. Ce n’est pas religieux. Pour appliquer l’āyurveda, il y a un certain écart culturel. Je pense qu’il faut être en mesure de l’adapter à notre réalité moderne occidentale. Si tu compares la médecine chinoise et la médecine indienne, c’est le même propos sans s’exprimer de la même façon : l’humain fait partie d’un tout qui est son environnement, avec lequel on ne devrait pas se dissocier.

Comment vous êtes-vous intéressé à cette médecine ?

Je suis professeure de yoga que j’ai découvert à l’âge de 16 ans. En Inde, le yoga et la médecine ayurvédique que je pratique c’est comme deux facettes d’une même pièce, l’un ne va pas sans l’autre. Ici, le yoga est très connu tandis que l’āyurveda ça commence tranquillement. J’avais entendu parler de ça dans le milieu des professeurs de yoga. Puis je suis tombé sur le livre Santé parfaite de Deepak Chopra, je l’ai lu en 2 jours, ça m’a vraiment accroché.

Comment se déroule une consultation ?

C’est beaucoup plus exhaustif ! Le médecin que tu vas aller voir à l’hôpital ou à la clinique va te donner un diagnostic et va te dire de revenir le voir si ça ne va pas. Avec moi, la première consultation dure de 1 heure à 1 heure et demie. Je fais remplir un formulaire détaillé, je vais poser des questions sur ton mode de vie : à quelle heure tu te lèves, qu’est-ce que tu fais, qu’est-ce que tu manges, à quelle heure tu manges, est-ce que tu prends le temps, etc. Je vais regarder tes traits physiques parce qu’en āyurveda il y a plusieurs types de physiologies. À la suite de ça, je fais un plan de traitement afin que tu sois plus en harmonie avec ta constitution pour t’aider à rester en santé. C’est préventif.

Est-ce que l’āyurveda peut guérir ?

On va plus traiter la personne dans son ensemble plutôt que le symptôme. On va plus ratisser large plutôt que de prescrire quelque chose. On va prescrire des produits naturels plutôt que d’aller dans la pharmaceutique. Je ne suis pas contre la médecine scientifique occidentale soi-dit en passant. Chaque médecine a sa force et ses faiblesses, elles n’ont juste pas le même but.

As-tu un exemple concret de la complémentarité entre les deux médecines ?

À l’école où j’ai étudié en Californie, ce qui les intéresse c’est d’intégrer l’āyurveda dans les hôpitaux comme un traitement complémentaire. Par exemple, auprès des gens qui ont le cancer et qui font de la chimiothérapie, c’est incroyablement violent sur le corps. L’āyurveda pourrait aider à contrebalancer ce genre d’agression sur le corps et probablement, aider le processus de rémission.

Si j’ai un mode de vie sain, pourquoi je consulterais ?

Honnêtement, si tu vas bien tu n’as pas besoin de consulter un médecin ayurvédique. N’empêche que ça pourrait t’aider à faire des liens de cause à effets. Souvent les gens vont se plaindre qu’ils n’ont pas d’énergie, qu’ils ont des maux de tête, des problèmes de digestion, bref, des maux pour lesquels on n’a pas tendance à consulter. Selon l’āyurveda, ce sont les petits mots qui ne sont pas traités qui vont dégénérer pour devenir des maladies plus importantes. On dit que tout part du système digestif. L’āyurveda c’est d’apprendre à prendre soin de soi pour rester en santé.

Est-ce qu’on doit faire du yoga pour consulter ?

Non, mais c’est sûr que si tu es ouvert d’esprit à apprendre, bien moi, ça va me donner un outil de plus pour t’aider. Puis le yoga ce n’est pas obligé d’être compliqué. Il y a une mode en ce moment où on voit des photos de yogis prendre des positions super compliquées, mais ce n’est pas ça. Le but n’est pas la performance, le but est thérapeutique. Ce sont des positions faciles que tout le monde peut faire. J’essaye de rendre l’āyurveda accessible pour tous.

Seriez-vous prête à proposer l’āyurveda au ministre de la Santé ?

Sûrement, c’est sûr que l’aspect préventif manque dans notre système de santé.

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société depuis peu, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie, puis il préfère prendre le pouls de la puissance mondiale à Chicago plutôt qu’à New York. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement, à dos de transports en commun.

Un commentaire

  1. Très bon article pour expliquer les bases de l’ayurvéda et en finir avec certains clichés. J’adore ce principe de médecines complémentaires, beaucoup plus cohérent que le mot « médecines alternatives ». En France, on avance aussi de ce côté, les hôpitaux commencent doucement à intégrer le yoga, la méditation et la médecine chinoise. Quant à l’ayurvéda, ça viendra, j’en suis sûre ! 🙂

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