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La partie est loin d’être gagnée pour l’administration Biden au Moyen-Orient, même si le nouveau président n’a pas perdu de temps pour clamer que « l’Amérique est de retour! ». Selon un récent rapport du Wilson Center, la Russie s’est solidement implantée dans cette région plus que volatile, et il faudra donc que Washington apprenne à contrer Moscou, tout en tenant compte des agissements d’Israël et de l’Iran.

Alors que les rumeurs de guerre entre les États-Unis et l’Iran se sont légèrement tues, presque deux semaines après l’assassinat, par Washington, du général iranien Qassem Soleimani lors d’une frappe à Bagdad, et que doit s’entamer le procès de destitution du président Donald Trump au Sénat, les Américains demeurent majoritairement opposé à la façon d’agir de la Maison-Blanche au Moyen-Orient, indique une enquête du Pew Research Center.

La planète a retenu son souffle, mardi soir, alors que les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de l’Iran, ont revendiqué le tir d’une quinzaine de roquettes contre au moins deux bases irakiennes abritant des troupes américaines. Ni l’armée américaine, ni l’armée irakienne n’ont fait état de victimes, pas plus que l’armée canadienne, qui stationne des troupes dans le pays.

L’appel au calme lancé par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dans la foulée de l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani, n’aura pas été entendu: le gouvernement iranien a annoncé dimanche qu’il ne se sentait plus lié par les dispositions de l’accord sur le nucléaire concernant le nombre maximal de centrifugeuses pouvant être utilisées dans le cadre de ses activités d’enrichissement d’uranium.

Au moment même où Téhéran pourrait dépasser, dès jeudi, la limite d’uranium enrichi établie en vertu de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015, voilà que la chef des affaires politiques des Nations unies lance un appel à préserver l’entente que Donald Trump semble vouloir torpiller par tous les moyens.

Calmer les esprits alors que ceux-ci s’échauffent: le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est dit inquiet, jeudi, à la suite de l’attaque présumée contre deux pétroliers dans le détroit d’Ormuz, un mois après que quatre autres navires chargés d’or noir eurent été endommagés dans la même région.

La nouvelle donne créée par la décision de Donald Trump de retirer son pays de l’accord sur le nucléaire iranien souligne le besoin pour l’Europe de renforcer son autonomie stratégique vis-à-vis des États-Unis, a déclaré jeudi Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie française a déploré à demi-mot lundi l’intransigeance des Iraniens sur leur programme balistique et leur rôle dans les conflits régionaux en soulignant au terme d’une visite sous tension à Téhéran qu’il restait « encore beaucoup de travail à faire » sur ces deux dossiers brûlants.