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L’heure semble être au rapprochement entre l’Ukraine et la Russie, qui se livrent toujours une guerre par contumace, Kiev luttant encore, malgré une trêve fragile, contre des rebelles prorusses sur l’est de son territoire, alors que Moscou contrôle toujours la Crimée et équipe et finance sans doute les mêmes rebelles. Un échange de prisonniers, samedi, a toutefois été bien accueilli par la communauté internationale, y compris par les Nations unies.

Les tensions sont reparties à la hausse, dans l’est de l’Ukraine, où se déroule depuis cinq ans un conflit larvé entre les forces ukrainiennes et des forces séparatistes soutenues par la Russie. Les Nations unies ont plaidé jeudi pour un « cessez-le-feu durable » dans l’est du pays, alors que Moscou a récemment ravivé les risques d’un conflit direct et sanglant.

L’Ukraine et la Russie ont été victimes mardi d’une cyberattaque avec la diffusion d’un virus baptisé « BadRabbit », ce qui a entraîné des retards de vols dans un aéroport ukrainien et perturbé plusieurs organes de presse russes. 

Moscou et Kiev se sont mutuellement imputé mardi la responsabilité du regain de tensions observé ces derniers jours dans l’est de l’Ukraine, théâtre des accrochages les plus meurtriers depuis la mi-décembre.

Le Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines qui a été abattu au-dessus de l’est de l’Ukraine en 2014 a été touché par un missile Buk de fabrication russe tiré d’un village ukrainien tenu par les séparatistes prorusses, ont annoncé mercredi les procureurs internationaux qui ont enquêté sur le sujet.

La Russie menait vendredi des
manoeuvres militaires impliquant des forces terrestres et
navales russes installées en Crimée, annexée en mars 2014 par la
Russie, dans un contexte de tension renouvelée entre Kiev et
Moscou.
L’armée russe opère ainsi un test grandeur nature des
troupes, environ 2.500 soldats, et des armements, environ 350
véhicules blindés, qu’elle a basés dans la péninsule prise à
l’Ukraine.
Vladimir Poutine a prévu de se rendre sur place dans la
journée pour présider un conseil de sécurité nationale. Le
président russe a accusé les autorités ukrainiennes d’avoir
récemment mené des tentatives de sabotage, dont il a promis
qu’elles ne resteraient pas sans réponse, en Crimée.
Le gouvernement ukrainien dément avoir tenté une quelconque
opération sur le territoire qui dépendait autrefois de sa
compétence.
Le ministère russe de la Défense a précisé dans un
communiqué jeudi soir que ces exercices avaient un caractère
principalement logistique en coopération avec les chemins de fer
et la marine marchande pour le déplacement de troupes, de
blindés et d’équipements techniques en Crimée.
Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a assisté à
ces manoeuvres qui se déroulent également à partir du port russe
de Novorossisk, situé en face de la Crimée.
Une partie de la flotte russe de la mer Noire, comprenant un
sous-marin, un navire de débarquement, des démineurs et un
nombre non précisé de missiles de croisière guidés sont
impliqués dans ces exercices.
Choïgou a observé la manière dont les unités de logistique
et de soutien chargeaient des blindés et des troupes sur un
important navire de débarquement et réarmaient un démineur et un
sous-marin, précise le ministère russe de la Défense.
« L’entraînement a porté sur la manière de détruire des
saboteurs et de repousser une attaque sous-marine », ajoute le
communiqué ministériel.
« Sergueï Choïgou a hautement apprécié l’action des troupes
logistiques et le fait qu’elles étaient capables d’organiser
rapidement des mouvements d’une importante quantité de matériel
en Crimée ».
Les exercices, qui se déroulent dans plusieurs autres
endroits, ont débuté mardi et doivent s’achever samedi.
Les principales manoeuvres militaires russes prévues cette
année et baptisées Caucase 2016 doivent avoir lieu le mois
prochain et concerneront également la Crimée et la flotte de la
mer Noire.
Ces futurs entraînements doivent vérifier l’état de
préparation et de coordination entre les troupes aériennes,
terrestres et maritimes, avait indiqué un général russe en
janvier.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a réaffirmé lundi la nécessité de s’en tenir aux accords de Minsk entre la Russie et l’Ukraine en dépit du regain de tension en Crimée.