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Grâce à sa capacité à modifier l’ADN, la technologie CRISPR suscite beaucoup d’espoirs pour le traitement des maladies génétiques. Toutefois, il reste du chemin à faire: des études révèlent que ça pourrait faire disparaître des portions du génome, voire des chromosomes entiers, chez les embryons humains.

Deux bébés altérés génétiquement seraient-ils nés en Chine au moyen de la fameuse technologie CRISPR? ll y a trois ans que les experts craignent que des chercheurs de là-bas y travaillent, mais la technologie est encore loin d’être aussi avancée que ce que des annonces peuvent laisser croire.

Comment éradiquer une maladie infectieuse transmise par un moustique? En théorie, tuer tous les moustiques. Mais c’est une stratégie qui peut être longue et tortueuse. À moins d’être capable de jouer au cœur même de leurs génomes: une solution qui comporte tant d’incertitudes que 168 pays avaient à l’ordre du jour cette semaine la possibilité d’imposer un moratoire.

La décision rendue en juillet dernier par la Cour européenne de justice contre les OGM risque de créer encore plus de confusion, autant pour les scientifiques que pour les futurs juristes qui tenteront de définir ce qu’est un OGM et ce que ce n’est pas.

La dernière tuile qui tombe sur la tête de CRISPR fait plus mal que les précédentes: non seulement cette technologie peut-elle endommager les gènes qu’elle tente de réparer, mais les dommages pourraient apparemment être plus lourds que prévu.

C’est une histoire qu’on aurait pu imaginer dans la télésérie policière CSI: en achetant sur Internet un simple « kit génétique » coûtant environ 300$, « des criminels pourraient manipuler leur propre ADN pour éviter leur détection par les bases de données de la police », selon le quotidien britannique Daily Mail.

On commence à peine à comprendre ce qu’est CRISPR, que déjà, voici CRISPR 2.0 qui approche. Des biologistes annoncent avoir créé une version encore plus précise de l’outil susceptible de permettre d’effectuer des manipulations génétiques. Et une version plus sécuritaire, prennent-ils aussitôt la peine d’ajouter.

Sommes-nous à deux doigts de pouvoir manipuler des gènes humains pour prévenir des maladies? C’est ce que laissent croire des résultats de recherche qui ont continué de s’additionner en 2017 et qui, tous, tournent autour de la technologie CRISPR.

Si les résultats publiés la semaine dernière sur des embryons humains génétiquement modifiés sont bel et bien le signe d’une percée en génétique, sont-ils pour autant le signe avant-coureur de bébés conçus « sur mesure »? On ne le saura pas avant au moins une décennie, et encore, on n’est même pas sûr d’avoir fait cette semaine un pas vers ce scénario inquiétant.

Il y a tout juste un an, James R. Clapper, directeur du renseignement américain, classait les nouveaux outils d’édition du génome parmi les « armes de destruction massive ». S’il n’était pas nommément cité dans le rapport annuel sur les menaces mondiales, le système Crispr-Cas9 était clairement dans sa ligne de mire: dérivé d’un mécanisme de protection des bactéries contre les virus, il a, depuis sa découverte en 2012, envahi quasiment tous les laboratoires de biomédecine, où il est utilisé pour désactiver et modifier des gènes à volonté, rapidement et à moindre coût.