Pour son troisième opus, la franchise A Plague Tale n’hésite pas à brasser la formule établie dans les deux titres précédents et à prendre des risques, autant au niveau de l’histoire que des mécaniques, afin d’offrir un antépisode davantage axé sur l’action avec le jeu Resonance.
Prenant place en 1334, soit 15 ans avant les événements de A Plague Tale: Requiem, Resonance: A Plague Tale Legacy délaisse Amicia et son frère Hugo, les protagonistes des deux premiers jeux, en faveur de Sophia, un personnage secondaire rencontré dans l’épisode précédent. On y voit comment cette jeune femme, hantée par des visions du Minotaure et de Thésée, est devenue la pirate que les joueurs connaissent déjà. Son enfance, ses traumatismes, ses visions et ses rapports avec sa famille de pillards vénitiens constituent le cœur émotionnel du scénario, et permettent de découvrir les liens entre cette femme indépendante et farouche et la Prima Macula, la malédiction ancienne affectant le sang de certaines familles.
Il n’est pas nécessaire d’avoir joué aux deux autres opus de la série pour apprécier Resonance: A Plague Tale Legacy. Les références à Innocence et Requiem sont présentes, mais elles ne rendent pas l’histoire incompréhensible pour un nouveau joueur. Le titre accorde une grande importance à la mythologie grecque, alors que Sophia se retrouve entraînée vers une île mystérieuse associée au mythe du Minotaure. En mêlant histoire ancienne, surnaturel et mythologie, le jeu transforme progressivement cette légende en quelque chose de beaucoup plus inquiétant, et cette approche conserve l’une des grandes caractéristiques de la franchise, soit la transformation d’un contexte historique crédible en sombre récit fantastique.

Le changement d’héroïne dans Resonance: A Plague Tale Legacy se traduit par une différence notable au niveau des mécaniques. Alors que les deux opus précédents misaient avant tout sur l’approche furtive et l’infiltration, ce nouveau titre est davantage orienté vers l’action. Sans révolutionner la formule, les combats, alternant entre attaque, blocage, parade et esquive, sont solides. On peut ramasser l’arme d’un ennemi tombée au sol et la lancer sur un autre, ou asséner un coup de pied à l’adversaire afin de briser sa garde, ce qui offre de la variété aux affrontements. De plus, Sophia dispose d’un harpon lui permettant de grimper, mais qui s’avère aussi très pratique pour attirer un ennemi vers soi ou le faire tomber dans le vide.

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Lorsqu’on n’est pas en train de se battre dans Resonance: A Plague Tale Legacy, on résout des puzzles environnementaux afin de progresser, et qui sont, pour la plupart, basés sur la lumière, que ce soit pour activer des mécanismes ou dévoiler le chemin à prendre pour traverser un terrain piégé. Cette exploration de ruines antiques donne un petit côté Tomb Raider à l’ensemble, ce qui n’est pas du tout désagréable. Même s’il s’agit essentiellement d’une expérience linéaire, le jeu récompense tout de même l’exploration. En fouillant les environnements de fond en comble, on peut mettre la main sur des points de résonance, servant à améliorer les compétences de Sophia, des charmes, ou des artéfacts.

L’arbre de compétences dans Resonance: A Plague Tale Legacy n’est pas particulièrement étoffé, mais il permet tout de même de personnaliser les habiletés de Sophia en fonction des préférences de chaque joueur. Il compte six branches, ainsi que deux maîtrises pour chacune. On peut réinitialiser à tout moment (et sans frais) les points déjà distribués, ce qui favorise l’expérimentation. On retrouve aussi des charmes (perles, brassards, bracelets, petits bijoux, sceaux, pièces percées) qui accordent divers bonus lorsqu’on les équipe, comme une chance d’éviter la flèche d’un archer, d’infliger plus de dégâts lorsqu’on assène un coup critique, de prolonger la fenêtre de parade ou encore de survivre à un coup fatal.
Visuellement, Resonance: A Plague Tale Legacy est probablement l’épisode le plus impressionnant de la série. L’île du Minotaure offre un cadre plus varié que les paysages médiévaux précédents: temples, ruines, cavernes, villages, passages côtiers et labyrinthes se succèdent avec une belle cohérence artistique, et la lumière est utilisée avec une remarquable efficacité. Les tons chauds des temples et de la poussière contrastent avec les espaces plus sombres où la menace se manifeste. La lumière devient même un élément narratif. Elle peut signaler une zone dangereuse, ou révéler la présence du surnaturel, et les environnements sont suffisamment détaillés pour donner envie de s’arrêter, d’observer les architectures et de parcourir les chemins secondaires.
Resonance: A Plague Tale Legacy constitue une excellente évolution de la franchise. Pour les personnes familières avec la série, le jeu constitue un antépisode ambitieux qui, malgré les changements apportés, conserve les éléments essentiels ayant fait son succès tandis que, pour les nouveaux venus, c’est une aventure narrative spectaculaire, accessible et émotionnelle.
7.5/10
Resonance: A Plague Tale Legacy
Développeur: Asobo Studio
Éditeur: Focus Entertainment
Plateformes: PlayStation 5, Windows, Xbox Series S/X (testé sur Xbox Series X)
Jeu disponible en français (textes à l’écran et voix parlées)





