Adaptation fidèle de la bande dessinée Woman of Tomorrow portée par l’excellente performance de Milly Alcock dans le rôle de Kara Zor-El, Supergirl, le deuxième long métrage du nouvel univers cinématographique de DC, est maintenant disponible en 4K, Blu-ray et DVD.
Pour célébrer son vingt-troisième anniversaire, Kara Zor-El décide de faire une tournée des planètes orbitant autour de soleils rouges, qui neutralisent ses pouvoirs, afin de pouvoir se saouler. Sur Hozherr, elle fait la rencontre de Ruthye Marye Knoll, une enfant des plaines dont le père, la mère et le frère viennent d’être tués par Krem des Collines d’Ocre. La jeune fille âgée d’à peine treize ans sollicite son aide pour venger sa famille et tuer le criminel responsable de leur mort. Supergirl refuse, mais lorsque Krem vole son vaisseau et empoisonne son chien, Krypto, d’une fléchette mortelle, elle change alors d’idée. Ne disposant que de trois jours pour récupérer l’antidote, Kara, accompagnée de l’adolescente encombrante, se lance dans une traque qui la mènera un peu partout à travers la galaxie sur la piste de l’assassin.

Honnêtement, j’ignore pourquoi Supergirl a reçu un accueil aussi mitigé. Bien sûr, avec son histoire de vengeance prenant place sur cinq planètes différentes, l’œuvre est plus proche du western intergalactique que du film de superhéros typique, mais c’est justement ce qui lui donne une personnalité unique. De plus, le long-métrage constitue à la fois une introduction pour ceux et celles qui ne connaissent rien du personnage de Kara Zor-El et une adaptation qui, à part sa conclusion et l’inclusion de Lobo, est assez fidèle au Woman of Tomorrow de Tom King et Bilquis Evely pour plaire aux amateurs du comics. Le scénario combine à parts égales humour, action et émotion, et le rythme ne compte aucun temps mort. Alors, pourquoi cette réception aussi négative?

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La grande force de Supergirl est de ne pas présenter Kara Zor-El comme une simple déclinaison féminine de Superman. Son rapport à Krypton, à la Terre et à sa propre identité est beaucoup plus douloureux. Là où Clark a grandi sur notre planète et considère l’humanité comme sa famille, l’héroïne conserve un rapport plus direct avec le monde qu’elle a perdu. Cette différence donne à Supergirl une personnalité parfois abrasive, impulsive et autodestructrice. Elle boit, se montre cynique, se laisse guider par la colère et prend parfois des décisions discutables. Cette caractérisation tranche nettement avec l’image lumineuse habituellement associée à son célèbre cousin, mais rend aussi le personnage beaucoup plus authentique. Elle ne revêt d’ailleurs son fameux costume bleu et rouge que dans le troisième acte du film.

Bien qu’il soit réalisé par Craig Gillespie, on sent définitivement l’influence de James Gunn dans Supergirl. Planètes extraterrestres aux climats et environnements très variés, créatures toutes plus étranges les unes que les autres, vaisseaux spatiaux imposants, pouvoirs kryptoniens et affrontements épiques, le long-métrage dispose d’un terrain de jeu gigantesque. Visuellement, on est en présence de science-fiction sale et poussiéreuse, une esthétique qui sied parfaitement à son ambiance de western de l’espace. Les combats sur des mondes aux soleils rouges ou verts, où Kara Zor-El n’a pas ses pouvoirs, sont brutaux, et quand elle les retrouve, elle les utilise sans retenue, devenant l’œil au milieu d’un cyclone de destruction.
Même les détracteurs les plus farouches du film ne peuvent nier l’excellente performance de Milly Alcock (que la plupart ont découvert dans House of the Dragon), dans la peau de Kara Zor-El. L’actrice ne joue pas une héroïne sombre de manière artificielle : elle laisse apparaître les failles, l’humour et la vulnérabilité du personnage. Eve Ridley apporte une intensité appréciable à Ruthye, mais le poids émotionnel de sa relation avec Supergirl est moins bien développé que dans le comics. Tandis qu’il incarnait une drôle de version d’Aquaman, Jason Momoa est parfait pour Lobo, le motard de l’espace, et bien qu’il dispose de peu de temps à l’écran, chacune de ses apparitions constitue un véritable plaisir pour les nombreux fans de l’antihéros. On a aussi droit à la participation de David Corensweet, qui reprend son rôle de Superman.

La version ultra-haute définition de Supergirl inclut le film sur un disque 4K, ainsi qu’un code donnant accès à une copie numérique. On retrouve également une très généreuse dose de matériel supplémentaire sur l’édition, dont un Making Of substantiel de près de trente minutes, deux scènes retirées du montage, et un court-métrage d’animation mettant en vedette Krypto. On compte également huit revuettes sur l’édition, consacrées au comics de Tom King et Bilquis Evely, aux décors des cinq planètes du film, à la création des différentes races d’extraterrestres, aux coulisses des scènes de bataille ou à la composition de la trame sonore, ainsi qu’un portrait du chien indiscipliné de Kara ou du personnage de Lobo. Difficile d’en demander plus.
Même si le personnage a déjà été porté au petit comme au grand écran, Supergirl est le premier film à vraiment rendre justice à Kara Zor-El, qui n’est pas que la cousine de Superman ici, mais bien une héroïne à part entière, et il mérite certainement le visionnement, ne serait-ce que pour la performance éclatante de Milly Alcock, que l’on souhaite revoir dans le rôle un jour.
7/10
Supergirl
Réalisation: Craig Gillespie
Scénario: Ana Nogueira (d’après la bande dessinée de Tom King et les personnages créés par Jerry Siegel et Joe Shuster)
Avec: Milly Alcock, Eve Ridley, Matthias Schoenaerts, Diarmaid Murtaugh, Ferdinand Kingsley, Emily Piggford et David Corensweet
Durée: 108 minutes
Format : UHD (4K et copie numérique)
Langue : Anglais, français, italien, espagnol et allemand





