La popularité de la plateforme OnlyFans, largement utilisée par des travailleuses du sexe, ne se dément pas. L’attrait est tel, en fait, que les sommes dépensées sur ce site ont atteint près de huit milliards de dollars US au cours de la dernière année, en hausse de près de 8% par rapport à l’an dernier. Et le Canada n’est pas en reste.
Les données, publiées par le site internet OnlyFinder, font état d’une disparité quasi-totale entre les États-Unis et le reste du monde: en effet, c’est chez l’Oncle Sam que l’on a dépensé 62% de la somme totale pour l’année, c’est-à-dire 4,8 des 7,8 milliards recensés.
Et c’est en Californie, au Texas, en Floride et dans l’État de New York que l’on a le plus délié les cordons de la bourse pour payer des créatrices (et créateurs) de contenus bien souvent destinés à un public adulte.
Si c’est pourtant à Portland, en Oregon, que l’on a dépensé le plus par adulte vivant dans cette ville, soit un peu plus de 455 000 $ US par 10 000 habitants majeurs, « la ville de New York a payé plus d’argent à OnlyFans que plusieurs pays entiers », soulignent les auteurs du rapport, avec un total de 169,6 millions de dollars US, en hausse vertigineuse de près de 22%.
Dans le classement international des villes les plus dépensières, en fait, on ne trouve que des métropoles américaines parmi les 12 premiers résultats, à l’exception de Londres, en cinquième place, avec 51,5 millions de dollars US.
Pour l’ensemble du Royaume-Uni, l’argent payé à OnlyFans et ses « travailleurs autonomes » totalise 352 millions.

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Les Canadiens ont des chaleurs
Le Canada n’a beau représenter qu’un peu plus de 2% de l’argent payé à la plateforme, l’an dernier, ses habitants sont tout de même les cinquièmes plus dépensiers du globe, pour un total de 170,2 millions.
Et la tendance est fortement à la hausse, ici aussi. C’est entre autres le cas à Toronto, où les dépenses pour les services des créatrices de contenus ont atteint 20,4 millions, en hausse de près du tiers. À Montréal, la croissance est similaire, même si la somme est moindre, à seulement 11,4 millions.
Dans la capitale fédérale, Ottawa, c’est 5,3 millions qui a été envoyé à OnlyFans, en hausse « d’à peine » 8,25%.
À Vancouver, enfin, on parle d’un montant équivalent, soit 5,5 millions, une croissance de 14%.
En tout, la popularité de la plateforme, calculée ici en montants dépensés, a augmenté de 16,2% au Canada, soit deux fois plus qu’aux États-Unis, même si le marché américain est environ 30 fois plus important.
OnlyFans obtient 20% des sommes engrangées par ses près de 5 millions de créatrices de contenus.
Une plateforme controversée
Vue par plusieurs comme une façon de pratiquer le travail du sexe sans les risques associés à la prostitution, OnlyFans est aussi décriée comme participant à une économie prédatrice, basée sur l’exploitation de jeunes femmes voyant, bien souvent à tort, le développement d’une présence sur cette plateforme comme une méthode pour obtenir un revenu d’appoint, voire carrément en faire une carrière.
En juin, le journal britannique The Guardian évoquait ainsi le cas de Markuss Hussle, qui se décrit comme un « gestionnaire OnlyFans »; des détracteurs l’accusent de récupérer jusqu’à 50% des sommes récoltées par les femmes travaillant pour lui. D’autres sont encore plus directs et le traitent de « souteneur numérique », l’équivalent web de l’homme gérant des prostituées faisant le trottoir.
La BBC, de son côté, a elle aussi présenté des reportages d’enquête sur OnlyFans, où il est question de violence envers des créatrices de contenus, notamment avec une multiplication des firmes de gestion, le tout accompagné de pratiques décrites comme douteuse, au mieux.





