Les inégalités devant la COVID-19 frappent au pied de l’Everest

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Le Népal demande aux alpinistes du Mont Everest de ramener avec eux leurs bouteilles d’oxygène, même vides, alors que ce pays voisin de l’Inde fait face à une nouvelle poussée de COVID-19.

Ces bouteilles sont généralement abandonnées sur le flanc des montagnes une fois utilisées (en dépit des règlements qui imposent de ramener ses déchets au camp de base). Elles peuvent être recyclées et à nouveau remplies — et dans la situation actuelle, le petit pays est à ce point à court de ressources  qu’il a lancé lundi cet appel à l’aide.

Près de 9000 cas ont été détectés en fin de semaine dernière, soit environ 30 fois plus qu’en avril.

Alors qu’on parle de plus en plus de l’écart Nord-Sud dans le traitement de la COVID-19 — par exemple, moins de 2% des vaccins sont allés jusqu’ici sur le continent africain — cet écart s’étale en plein jour sur l’Himalaya: le Népal a vendu pour avril et mai — saison des escalades — des permis à plus de 700 grimpeurs sur 16 sommets, dont 400 rien que sur l’Everest.

Le tourisme de montagnes est en effet un gros apport de revenus pour ce petit pays de 28 millions d’habitants (l’agence Bloomberg l’estimait l’an dernier à 300 millions$), ce qui explique qu’il ait recommencé à vendre ces permis l’automne dernier. Mais depuis avril, le Népal voit ses hôpitaux se remplir de gens vivant des problèmes respiratoires à cause du coronavirus — impact prévisible de la crise majeure qui frappe juste à côté le géant indien. Les autorités de la santé rapportent que les soins intensifs et les « unités COVID » sont remplis à pleine capacité, et que des patients meurent d’ores et déjà, faute de pouvoir être alimentés en oxygène.

Quant à l’Everest, il a lui-même eu droit à ses premiers cas de COVID-19 en avril. Un alpiniste norvégien a reconnu, après avoir été évacué, avoir été testé positif et quelque 30 autres grimpeurs auraient été évacués du camp de base, des informations que le gouvernement népalais n’a toutefois pas confirmées.

Quant à l’Inde, lundi, on y recensait encore une fois plus de 350 000 nouveaux cas et plus de 3700 nouveaux décès. Les experts estiment que les véritables chiffres sont probablement plus élevés. Là-bas aussi, l’oxygène est devenu une denrée rare pour les patients hospitalisés.

L’Association des alpinistes du Népal estime que les grimpeurs et leurs guides locaux ont transporté cette saison au moins 3500 bouteilles d’oxygène.

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