L’immunité collective contre la COVID-19, une utopie?

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Pour les promoteurs du concept d’immunité collective, le moment de vérité approche: celui où la proportion de gens qui hésitent à se faire vacciner — ou qui refusent carrément — fera la différence entre un virus qui cesse de faire peur et un virus qui reste indéfiniment dans le décor.

Aux États-Unis, plusieurs des experts ont déjà baissé les bras: le rythme de vaccination commence à diminuer dans plusieurs régions, rendant moins probable l’atteinte d’une cible de 70% de la population vaccinée (le seuil minimal pour pouvoir parler d’immunité collective, selon certains), encore moins une cible de 80% (le seuil plus réaliste compte tenu des variants plus contagieux).

Ainsi, depuis deux semaines, on est passé, pour l’ensemble des États-Unis, d’une moyenne de 3,2 millions d’injections par jour à 2,5 millions. La baisse serait plus marquée dans des États républicains comme le Mississippi et le Wyoming. Un peu partout, des villes ont déjà annoncé qu’elles fermeraient les cliniques de vaccination de masse à la fin du mois.

En date du 3 mai, 44% des adultes américains avaient reçu une première dose du vaccin, et 31%, une seconde dose. À l’heure qu’il est, le manque de doses n’est plus un problème: il serait possible de vacciner tous les adultes américains d’ici le début de l’été, s’ils le voulaient.

Parallèlement, les sondages révèlent depuis quelques mois que la proportion de gens qui refuseront le vaccin sera plus élevée dans certaines régions des États républicains, rendant inévitables des transmissions du virus d’une région à l’autre, au fur et à mesure que les restrictions sanitaires seront levées. Et c’est sans compter les futurs déplacements internationaux.

La question n’est évidemment pas limitée aux États-Unis. Au Québec, il sera difficile d’atteindre la cible des 80%, concédait dimanche, à l’émission Tout le monde en parle, la directrice régionale de la santé publique de Montréal, Mylène Drouin. Les mêmes variables qu’aux États-Unis risquent d’avoir les mêmes conséquences.

Ce scénario qu’esquissent les épidémiologistes n’est toutefois pas entièrement pessimiste: après tout, même si « seulement » les deux tiers des habitants d’un pays étaient vaccinés, incluant la grande majorité des plus vulnérables, le risque de décès s’en trouverait diminué. Mais le risque d’hospitalisations, lui, demeurerait bien réel, et ce virus s’est révélé avoir des conséquences médicales bien plus graves que prévu. De sorte que l’absence d’immunité collective signifiera tout de même des millions de personnes hospitalisées, dont un pourcentage élevé souffrira de séquelles pendant des mois, voire des années.

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Agence Science-Presse

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