Monstrum 2, quand le Grand Cric veut nous croquer

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L’idée est à la fois intéressante et surexploitée: un monstre, des personnages humains largement impuissants (ou n’importe quelle sorte de personnage incapable de se défendre efficacement), et une série d’objectifs à atteindre en un temps limité… et en évitant de se faire trucider par ledit monstre. En ce sens, Monstrum 2 ne déroge pas des clichés du genre. Malgré quelques bonnes idées, l’exécution laisse très largement à désirer.

Développé et publié par Team Junkfish, Monstrum 2 souffre, à l’instar de beaucoup trop d’autres jeux du genre, de ses propres ambitions. Déjà, l’idée d’un jeu asymétrique opposant un monstre à plusieurs autres personnages est souvent tout sauf réussie, la catastrophe d’Evolve venant immédiatement en tête. Il y a peut-être bien Dead By Daylight, mais sans y avoir joué, dur de juger de l’efficacité de sa formule spécifique.

Quoi qu’il en soit, Monstrum 2 vise haut: non seulement offrir une expérience équilibrée et agréable, que l’on joue le monstre ou l’un des prisonniers humains devant réussir à s’échapper, mais aussi développer une méthode de création de niveaux par génération procédurale qui permet de diversifier les lieux où l’on trouvera notamment les indices pour progresser. Et, bien sûr, sans oublier une ambiance suffisamment stressante et envoûtante pour véritablement « intégrer » les joueurs dans le jeu.

Bref, la pente était escarpée, et Monstrum 2 s’enlise dès le démarrage. On peut probablement vivre avec les modèles visuellement dépassés, mais pas avec l’inconstance des modèles de détection physique lorsque vient le temps de porter des coups contre les joueurs humains, lorsque l’on joue le monstre, ou contre des éléments du décor. Impossible, non plus, de ne pas s’esclaffer au moment où une créature terrifiante s’empare d’un humain pour le tuer d’un coup, et que le corps de ce dernier s’effondre en un tas difforme au sol.

Il ne fait aucun doute que les développeurs ne cherchaient pas à faire rire. Mais lors des parties d’essai en groupe de trois joueurs (le titre évoque du 1 contre 1, mais aussi jusqu’à du 4 contre 1), il a fallu environ cinq minutes pour décider qu’il était plus amusant d’explorer collectivement les installations maritimes où se déroule le jeu, plutôt que de chercher à qui s’échapper, qui réduire les joueurs en charpie.

Il faut aussi souligner que les humains sont absolument incapables de se défendre, et encore moins de blesser le monstre. En tenant compte du fait que ce dernier peut tuer en un coup, on se demande bien pourquoi les joueurs humains doivent accomplir quatre séries de tâches relativement complexes, le tout en moins de 20 minutes, et en disposant uniquement de deux vies chacun.

Pire encore, le monstre pourrait simplement s’installer dans la dernière salle du jeu, d’où il est possible de s’échapper, et attendre que les humains passent par là pour tous les massacrer en quelques secondes. On ne parlera pas non plus de l’absence quasi totale de musique, à l’exception de certains bruits pseudo-industriels, et d’une musique stridente lorsqu’un monstre est près d’un joueur humain.

Pourtant, il y a quelque chose d’intéressant dans Monstrum 2: le fait de devoir récupérer divers objets servant à activer des interrupteurs, notamment, ou à accomplir d’autres objectifs, sans savoir lesquels seront véritablement utiles est un petit plus qu’il serait intéressant de creuser.

Autrement, bien franchement, le jeu a besoin de passer encore beaucoup de temps en développement pour devenir autre chose qu’une distraction ennuyante pendant 30 minutes, avant de se faire rembourser son achat, ou, dans le cas présent, de désinstaller le jeu et d’aller jusqu’à le cacher, bien loin dans sa bibliothèque Steam.

Monstrum 2

Développeur et éditeur: Team Junkfish

Plateformes: PlayStation 4, Xbox One, Windows (testé sur Windows / Steam)

Jeu disponible en français (en partie, la traduction est incomplète)

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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