Et si Haendel était venu en Nouvelle-France…

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Le plus récent concert d’Arion Orchestre baroque s’intitule Haendel à Montréal ! Cette captation, réalisée à la Salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal, le 5 mars dernier, est présentée comme le parcours que le grand maître aurait pu effectuer s’il avait été reçu à Ville-Marie, dans la première moitié du 18e siècle. Précédée d’une courte introduction offerte par une membre du conseil d’administration d’Arion, cette prestation est émaillée de gravures qui représentent le Montréal de l’époque.

Comme nous avions pris une pause des spectacles d’Arion depuis que les salles sont fermées, le visionnement de ce concert nous a permis de faire plusieurs découvertes. La première, c’est celle de Mathieu Lussier en chef d’orchestre alors que nous avions toujours vu en bassoniste. À part le fait que, dans des moments d’enthousiasme prononcé, on l’entende respirer trop bruyamment, sa performance était à la hauteur de ce qu’on pouvait espérer quand on reçoit un visiteur de marque. Ce qui fut particulièrement apprécié, c’est sans doute le respect de la tradition d’Arion : de la musique baroque, vraiment baroque ! Mais ça nous a quand même fait tout drôle d’écouter l’ensemble sans la présence de Mme Rémillard, ni celle de Mme Guimond ou celle de M. Knox.

Autre découverte, le son des instruments discrets. Eh oui, la captation sonore nous a enfin permis de bien entendre le doux chant de l’archiluth de M. Sylvain Bergeron. Quel raffinement, quelle subtilité, quelle grâce ! Il faudra trouver un moyen de mettre les instruments à cordes pincées, plus en évidence lorsqu’on retrouvera les concerts en présence.

Dernière découverte, mais non la moindre, la soprano Magali Simard-Galdès qui, en plus d’une grande présence sur scène, a surtout brillé par sa virtuosité et son énergie. Si certains l’apprécient pour sa voix cristalline, nous plutôt perçu un petit côté « rugueux » quoi que très pur, qui nous fait la trouver moins banale, plus intéressante que d’autres. Nous avons hâte de la voir à l’opéra.

Pour terminer, applaudissons la structure du programme, qui grâce au découpage des Concertos grosso, a facilité l’alternance des tuttis avec les parties chantées, sans toutefois gâcher la nature des œuvres.

Le concert est encore disponible en ligne jusqu’au 2 avril 2021.

Au programme :

George Frideric Handel (1685-1759)

Concerto grosso op.6 n.7 en sib majeur HWV325

  1. Largo
  2. Allegro

Giulio Cesare in Egitto HWV 17

Aria: « V’adoro, pupille »

Concerto grosso op.6 n.7 en sib majeur

  1. Largo
  2. Andante

Rinaldo, HWV7

  1. Aria: “Lascia ch’io pianga “

Concerto grosso op.6 n.7 en sib majeur

  1. Hornpipe

Alcina, HWV34

  1. Aria: “Tornami a vagheggiar”

Concerto Grosso op.6 n.5 en ré majeur HWV323

  1. Larghetto e Staccato
  2. Allegro
  3. Presto

Giulio Cesare in Egitto, HWV 17

  1. Aria : « Piangerò la sorte mia »
  2. Aria : « Da tempeste il legno infranto »

Concerto Grosso op.6 n.5 en ré majeur

  1. Largo
  2. Allegro
  3. Menuet: Un poco Larghetto

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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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