200 jours dans une base lunaire

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Les plantes généraient l’oxygène et absorbaient le dioxyde de carbone. L’eau usée était stérilisée par lumière UV avant de servir à l’irrigation. L’eau potable était obtenue par condensation. Les selles humaines servaient à l’engrais. Et ainsi de suite pendant 200 jours.

Dans ce qui se voulait une simulation de base lunaire autonome, deux équipes chinoises de quatre personnes ont vécu en isolation pendant un an — l’une des deux équipes l’occupant sans interruption pendant 200 jours. Et ils auraient pu poursuivre l’expérience quelques mois de plus, selon un rapport déposé récemment sur un serveur de prépublication. L’expérience a pris fin en mai 2018.

Selon les détails qui ont été fournis, 98% de ce dont les quatre personnes avaient besoin pour survivre, provenait du recyclage — de l’air, de l’eau et de leurs déchets. Il y avait donc une partie qui aurait dû tôt ou tard faire l’objet d’un « ravitaillement ». Par ailleurs, « le taux de récupération de l’urine et des déchets solides a atteint respectivement 99,7% et 67% », un taux qui pourrait être amélioré mais n’en est pas moins considéré comme un succès.

Il s’agirait en effet de la meilleure et de la plus complète des simulations entreprises depuis des décennies pour voir si des humains pourraient survivre suffisamment longtemps là-haut.

« Nous approchons finalement d’un niveau d’achèvement qui est adéquat », commente dans le New Scientist Christophe Lasseur, de l’Agence spatiale européenne. De tels systèmes de support de vie « ne peuvent pas soutenir des gens indéfiniment, mais ils peuvent à présent le faire pour de longues périodes ».

Dans l’habitat hermétiquement fermé, qui était formé de trois modules totalisant 150 mètres carré (et dont deux modules servaient exclusivement aux plantes), en plus du recyclage de l’oxygène et de l’eau, certains déchets végétaux ont servi à faire pousser des champignons puis à nourrir les vers de farine, qui étaient à leur tour transformés en un pain riche en protéines.

Et l’expérience est clairement présentée dans le contexte des ambitions chinoises d’envoyer des humains sur la Lune: l’habitat était baptisé, de manière optimiste, Lunar Palace 1. Les plus anciens efforts du genre remontent aux années 1960, en Russie. Le plus célèbre est le « Biosphère 2 », en Arizona dans les années 1990: l’équipe de huit personnes avait toutefois dû recevoir de la nourriture et de l’oxygène de l’extérieur et l’expérience avait été considérée pour cette raison un échec.

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Agence Science-Presse

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