The Dig: lueur des jours enfuis

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À quelques jours de l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale, une bonne partie du Royaume-Uni (et du monde) est encore engluée dans la vie d’avant. Celle de l’entre-deux guerres. Dans The Dig, c’est cette époque disparue qui refait surface… et de plus d’une façon.

Réalisé par Simon Stone, qui avait jusqu’à présent peu de films à son actif, mais qui a largement travaillé dans le théâtre et l’opéra, le film met en vedette Carey Mulligan et Ralph Fiennes, et se déroule dans les semaines, ou tout au plus les mois précédant le déclenchement de la guerre de 1939-1945.

Sur la grande propriété de Mme Pretty, cette dernière, une riche veuve, souhaite faire excaver ce qui ressemble à des tumulus, sur sa propriété, des endroits qui pourraient bien abriter des artefacts vieux de plusieurs siècles. Pour ce faire, elle fait appel à Basil Brown, terrassier de son état et archéologue amateur.

M. Brown, joué par un Ralph Fiennes en contrôle de ses moyens, mais surtout tout en nuances, constate rapidement que c’est tout un monument funéraire qui se trouve sous l’un des talus herbeux, avec richesses et bateau funéraire à l’appui. De quoi repenser l’histoire des ancêtres des Anglais et provoquer une onde de choc dans plusieurs milieux, notamment archéologique, mais aussi muséal, entre autres.

Outre la rivalité jamais vraiment très bien explicitée entre diverses institutions muséales, The Dig est surtout un film sur la fin des choses. La fin de la paix, telle que déjà mentionnée; la fin du deuil pour Mme Pretty; peut-être la fin de la carrière de Basil Brown? Sans compter la fin de l’innocence (ou du mensonge à soi-même) pour Peggy, archéologue et épouse d’un autre archéologue qui comprend que son conjoint s’est embarqué dans un mariage de convenance.

Tout cela s’entrecroise, mais sans véritablement se télescoper. Les thèmes s’écoulent en fait lentement, comme les jours, et il ne faut certainement pas chercher, dans The Dig, un scénario au déroulement particulièrement dramatique, où tout se passe à tombeau ouvert. Le temps progresse inexorablement, sur une terre en apparence hors de l’avancement normal des choses.

Bien tourné, bien réalisé, bien joué, The Dig fait partie de ces oeuvres romantiques, mais où ledit romantisme est quelque peu suranné. Un romantisme d’une époque révolue, tout en retenue, tout en douceur. Idéal pour un visionnement tranquille, bien installé chez soi.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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