Quand la pandémie alimente la religion

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Devant l’inconnu de la maladie, les citoyens trouvent-ils refuge du côté de la religion? Une récente étude effectuée par le Pew Research Center indique qu’une proportion non négligeable de la population de plusieurs pays industrialisés a vu sa foi être renforcée des suites de la pandémie de COVID-19. Et sans grande surprise, ce sont les États-Unis, pays particulièrement religieux, qui ouvre le bal.

L’enquête, donc, indique que 28% des sondés américains ont estimé que la crise sanitaire avait renforcé leur foi religieuse, ainsi que celle de leurs compatriotes.

Cette proportion est bien moindre dans les 13 autres pays développés où les habitants ont également été interrogés. Au Danemark, par exemple, à peine 2% des participants au coup de sonde international ont soutenu que leur foi avait été renforcée depuis le début de la pandémie, en mars 2020. Ils sont par ailleurs 10% à juger que les convictions religieuses de leurs compatriotes avaient aussi gagné en intensité.

En Australie, au Royaume-Uni, en France et en Corée du Sud, tous des pays où la religion et la vie politique sont largement séparées, 10% des sondés ont dit voir leurs convictions se renforcer. Même au Canada, pourtant le plus proche voisin des États-Unis, autant sur les plans économique que social, à peine 13% des répondants ont la même opinion à ce sujet.

Et l’Italie et l’Espagne, deux pays où la religion catholique est pourtant extrêmement bien implantée, à peine 15 et 16% des répondants, respectivement, ont vu leurs croyances trouver des assises plus solides pendant la pandémie.

Bien entendu, il est possible une tendance et une constatation: d’abord, même aux États-Unis, une très grande majorité des répondants (68%, dans ce cas-ci) ont affirmé que l’intensité de leur foi n’avait ni augmenté, ni diminué.

Ensuite, le sondage ne comportait pas de question sur la solidité desdites croyances avant l’éclatement de la crise sanitaire. Il est donc possible qu’une personne ait été déjà particulièrement croyante, et que cette foi n’ait pas changé. Il est tout aussi possible, à l’autre extrémité du spectre, qu’un individu soit athée jusqu’au bout des ongles, et que ce ne sont pas quelques millions de malades et une crise sanitaire mondiale qui lui feront croire en une entité divine.

Des liens familiaux renforcés

Outre les croyances religieuses, les structures familiales ont elles aussi été affectées par la pandémie – et dans une perspective plus importante que du côté des sentiments vis-à-vis d’entités divines.

Ainsi, en moyenne, 32% des répondants des 14 pays examinés ont affirmé que leurs liens familiers s’étaient resserrés depuis l’éclatement de la crise, tandis que 61% des personnes interrogées ont dit ne pas avoir constaté de changement.

Le plus bas taux de « resserrement », à 18%, a été constaté en Corée du Sud, alors que c’est en Espagne, avec 42%, que ce sentiment a été le plus fort. Fait à noter: les pays où la COVID-19 a fait le plus mal (Espagne, États-Unis, Italie, Royaume-Uni, France, Belgique, et même le Canada) sont ceux où l’on affirme que les liens familiaux se sont le plus resserrés.

L’exception de cette règle serait l’Allemagne, assez fortement touchée, notamment durant la deuxième vague, où seulement 21% des personnes interrogées ont affirmé que leur famille était plus solide qu’au début de la pandémie.

Encore une fois, cependant, les sondeurs du Pew Research Center n’établissent pas de « niveau d’intensité de base » de la solidité des liens familiaux.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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